Utilisation des DBS en toxicologie post-mortem - 26/04/26
, Myriam Bertrand N’Doye 3, Alexandr Gish 1, 2, Florian Hakim 1, 2, Corentin Grenier 1, Camille Richeval 1, 2, Jean-François Wiart 1, Hugo Girard 3, Raphael Cornez 3, Quentin Scanvion 3, Yann Delannoy 2, Jocelyn Pollard 2, Christophe Demarly 2, Philippe Morbidelli 2, Valéry Hédouin 2Résumé |
Objectif |
Rapporter les intérêts, limites, inconvénients et l’expérience pratique de la mise en œuvre des spots de sang séché sur buvard (ou dried blood spots [DBS]) en toxicologie post-mortem.
Méthodes |
En complément d’une revue de la littérature (mots clés : DBS, VAMS, post-mortem, chromatography/Pubmed/2018–2026), les propos se basent les enseignements du protocole in cadaver [Bertrand-Ndoye M. Forensic Sci Int 2026;380:112798] et sur la réalisation, en sus des prélèvements sanguins habituels de 2 DBS de 10 μL (VAMS Mitra Neotéryx) lors des examens de corps et autopsies réalisées à l’IML de Lille depuis le 1 er janvier 2025.
Résultats |
En pratique thanatologique à Lille, la réalisation des DBS en post-mortem consiste généralement en des prélèvements capillaires au niveau des pieds, ou de l’artère fémorale (plus rarement en sous-clavier). Ces micro-prélèvements permettent parfois de s’adapter à des circonstances spécifiques (sang extériorisé du corps, sang résiduel recueilli au niveau péricardique après section des gros vaisseaux en cas de putréfaction importante) et surtout, ils permettent des prélèvements sanguins précoces en levée de corps. Le seul inconvénient de cette utilisation demeure le coût relatif de ces dispositifs. Protégés de la lumière et réfrigérés, les DBS prélevés font l’objet d’un scellé spécifique de faible encombrement, et sont analysés en même temps que les échantillons sanguins liquides. Sur le plan pré-analytique, les DBS présentent des garanties accrues de stabilité in vitro pour certaines molécules (benzodiazépines, cocaïne et métabolites, opiacés, biomarqueurs directs de l’éthanol) [Moretti M. Drug Test Anal 2019;11(9):1403–1411; Moretti M. Drug Test Anal 2018;10(9):1430–1437; Wang H. Alcohol 2020;83:29–35; Hakim F. Toxicol Anal Clin 2021:33(s3):s27]. Sur le plan analytique, plusieurs études permettent d’estimer une bonne corrélation entre les mesures des concentrations sanguines post-mortem réalisées sur DBS avec celle des réalisées dans des échantillons sanguins liquides, avec l’avantage d’un prétraitement analytique simplifié en accord avec le concept de green chemistry [Nishio T. J Pharm Biomed Anal 2023;233:115438; Dubois-Chabert D. J Anal Toxicol 2025;49(5):340–350]. Il existe également des développements analytiques spécifiques sur DBS [Nishio T. J Chromatogr B Analyt Technol Biomed Life Sci 2023;1215:123580]. L’écueil majeur réside dans l’impossibilité de réaliser des analyses de substances volatiles (alcools) sur ces dispositifs, ainsi que la difficulté d’extraction de certaines substances (cannabinoïdes). Les concentrations post-mortem mesurées sur DBS sont proches, mais probablement pas équivalentes, à celles relevées dans les autres échantillons liquides post-mortem de sang périphérique (fémoral, sous-clavier, poplité) et leur interprétation se heurte aux mêmes difficultés (et nécessaire prudence) : (1) absence de maîtrise des éventuels phénomènes in cadaver (RPM et dégradation) et, surtout (2) une interprétation vis-à-vis de référentiels qui sont ceux obtenus chez des vivants, de surcroît dans des échantillons plasmatiques. Sur ce point, l’intérêt des DBS se situe dans la possibilité de se rapprocher du moment du décès lorsqu’ils sont prélevés en période post-mortem précoce.
Conclusion |
En toxicologie post-mortem, les DBS complètent les prélèvements autopsiques conventionnels, et ne peuvent pas s’y substituer. En thanatologie, leur mise en œuvre en routine ne pose pas de problèmes insurmontables et permet probablement de se rapprocher de la vérité, en particulier si réalisée en levée de corps.
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Vol 38 - N° 1S
P. S39-S40 - mai 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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