Description des situations professionnelles associées à une imprégnation significative au plomb, identifiées par les CRPPE sur une période de 23 ans (2001–2023) - 15/05/26
, Hugo Faure 1, Barbara Charbotel 4, 5, Renaud Persoons 6, Gerald Gandon 1, Abir Aachimi 7, Eva Ougier 7, Lynda Larabi 7, Jérôme Langrand 9, Membres du réseau rnv3pe 7
Catherine Nisse 8, Hervé Laborde-Casterot 9, 10Résumé |
Objectifs |
L’objectif de ce travail est de décrire les situations professionnelles qui ont été documentées par les Centres régionaux de pathologie professionnelle et environnementale (CRPPE) en France sur la période 2001–2023, comme associées à une imprégnation significative au plomb.
Méthode |
Les données ont été extraites du système d’information du Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles et environnementales (RNV3PE). Les critères d’inclusion principaux étaient une plombémie renseignée et supérieure au 95 e percentile de la population générale française pour la classe d’âge considérée (en référence à l’étude de biosurveillance ESTEBAN). Des analyses descriptives ont été réalisées selon le sexe et l’âge, ainsi que selon les périodes temporelles et les métiers. Les valeurs sont notamment comparées à la valeur limite biologique (VLB) proposée par l’Anses de 180 μg/L, et à la VLB pour les femmes en âge de procréer (45 μg/L).
Résultats |
Au total, 569 cas d’intoxications professionnelles confirmées et quantifiées avec une plombémie renseignée supérieure aux seuils prédéfinis ont été retenus. Les niveaux de plombémie médians [Q1, Q3] étaient respectivement de 214 μg/L [136,330] chez les femmes et 365 μg/L [212,530] chez les hommes ; 9 cas présentaient une plombémie supérieure à 1000 μg/L. Les médianes demeuraient élevées sur la période la plus récente 2017–2023 (169 μg/L et 346 μg/L pour les femmes et les hommes). L’étude révèle des situations d’exposition très différenciées selon le sexe avec des métiers à prédominance artistique chez les femmes (vitrailliste, potière, travaux de restauration), versus des expositions plus classiques chez les hommes (secteurs de la construction et industrie).
Conclusion |
Même si les situations professionnelles investiguées par les CRPPE ne sont par nature pas représentatives à l’échelon de la France (car dépendantes de l’adressage des patients vers les centres, avec un fort effet-centre), il apparaît qu’il persiste des situations d’intoxications professionnelles qu’il convient de prévenir, tout particulièrement chez les femmes en âge de procréer compte tenu du risque neurodéveloppemental. Il montre par ailleurs toute l’importance d’un système d’information partagé des CRPPE pour créer de la connaissance sur des situations professionnelles à risque et en tirer les leçons en termes de prévention.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Plomb, Toxicologie, Reprotoxicité, RNV3PE, CRPPE
Plan
Vol 87 - N° 3-4
Article 103749- juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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