Bronchodilatateurs - 25/06/26
, J. Charriot a, b, A. Bourdin a, b : Professeur, E. Ahmed a, bRésumé |
Les bronchodilatateurs demeurent les médicaments pivots dans la prise en charge de l'asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). La décennie écoulée a vu des évolutions majeures tant dans leurs pharmacologies respectives que dans leurs indications. Sur le plan mécanistique, les agonistes bêta-2-adrénergiques et les anticholinergiques ont vu leur profil pharmacocinétique affiné grâce aux nouvelles molécules à très longue durée d'action. Les associations fixes bronchodilatatrices en bi- et trithérapie ont consolidé leur place dans les recommandations internationales, avec désormais des données favorables sur la mortalité dans la BPCO. Dans l'asthme, un changement de paradigme majeur s'est opéré : la Global Initiative for Asthma (GINA) recommande désormais une thérapie anti-inflammatoire de secours associant un corticostéroïde inhalé au formotérol à la demande dès les premiers paliers, les bêta-2-agonistes de courte durée d'action n'étant proposés qu'en alternative lorsque cette stratégie n'est pas disponible. En France, l'usage à la demande de l'association budésonide-formotérol ne dispose toutefois d'une autorisation de mise sur le marché qu'à partir du palier 3 dans le cadre d'une stratégie « fond et symptômes » dite MART ( maintenance and reliever therapy ). Dans la BPCO, la Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease (GOLD) confirme la double bronchodilatation comme traitement de première intention des patients symptomatiques. Le profil pharmacogénétique des récepteurs bêta-2-adrénergiques continue de susciter un intérêt mais reste sans application clinique routinière. L'impact environnemental des inhalateurs pressurisés et l'essor de l'intelligence artificielle appliquée aux dispositifs connectés constituent deux dimensions émergentes, prochainement incontournables, de la prescription raisonnée : dans l'asthme, la surconsommation de bêta-2-agonistes de courte durée d'action est désormais associée à une surmortalité documentée, un impact carbone non négligeable et la diffusion de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) ; dans la BPCO, elle reste avant tout le reflet d'un contrôle insuffisant et le signal d'une nécessité d'escalade thérapeutique.
Mots-clés : Asthme, BPCO, Bronchodilatateurs, Anticholinergiques, Bêta-2-agonistes
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