La réduction et la stabilisation des fractures du squelette métacarpo-phalangien sont un impératif pour autoriser une mobilisation précoce qui reste le meilleur moyen pour lutter contre l’œdème, l’enraidissement articulaire et les adhérences tendino-périostées.
La durée moyenne d’arrêt de travail pour traiter une fracture de la 1re phalange est selon Barton [3Barton N.J. Fractures of the phalanges of the hand The Hand 1977 ; 9 : 1-10
Cliquez ici pour aller à la section Références,4Barton N.J. Fractures of the shafts of the phalanges of the hand The Hand 1979 ; 119-133II.
Cliquez ici pour aller à la section Références], de 4,3 à 8,4 semaines, ces variations s’expliquant selon la localisation de la fracture et la nature du traumatisme. On ne peut ignorer l’incidence socio-économique de telles lésions, ce qui peut justifier le choix du traitement chirurgical qui autorisera une mobilisation précoce.
Ce chapitre n’est pas un plaidoyer pour l’ostéosynthèse car nous considérons que 80 % des fractures relèvent du traitement orthopédique. Mais, si le choix de l’ostéosynthèse est fait, celle-ci doit être d’une réalisation technique parfaite, afin d’assurer une réduction anatomique et garantir une stabilité autorisant une mobilisation active précoce.
Bien que dès le début du siècle, Albin Lambotte ait utilisé l’enclouage de fractures de métacarpiens, les principales étapes évolutives de l’ostéosynthèse du squelette de la main ont été les suivantes :
Clifford [11Clifford R.H. Intramedullary wire fixation of hand fractures Plast Reconstr Surg 1953 ; II : 366-371
Cliquez ici pour aller à la section Références], Nemethi [57Nemethi C.E. Phalangeal fractures treated by open reduction and Kirschner wire fixation Industrial Medicine and Surgery 1954 ; 23 : 148-150
Cliquez ici pour aller à la section Références] et Lister [46Lister G. Intraosseous wiring of the digital skeleton J Hand Surg 1978 ; 3 : 427-435
Cliquez ici pour aller à la section Références] développèrent la technique de Robertson [62Robertson R.C., Cawley J.J., Faris A.M. Treatment of fracture dislocation of the interphalangeal joint of the hand J Bone Joint Surg 1946 ; 28A : 68-70
Cliquez ici pour aller à la section Références] qui consiste à réaliser un abord direct du foyer de fracture pour le stabiliser en associant brochage et cerclage.
Evrard [15Evrard H., Nokerman B. L’enclouage centro-médullaire dans les fractures des métacarpiens Acta Orthop Belg 1973 ; 39 : 1035-1044
Cliquez ici pour aller à la section Références] proposa l’enclouage centromédullaire des métacarpiens en 1973.
Foucher [17Foucher G., Merle M., Michon J. Intérêt de l’ostéosynthèse dans la stabilisation des fractures du squelette métacarpo-phalangien Ann Chir 1977 ; 31 : 1065-1069
Cliquez ici pour aller à la section Références] adaptera ce principe en ajoutant du ciment pour traiter les replantations digitales et fractures complexes.
Kilbourne et Paul [43Kilbourne B.C., Paul E.G. The use of small bone screws in the treatment of metacarpal, metatarsal and phalangeal fractures J Bone and Joint Surg 1958 ; 40A : 375-383
Cliquez ici pour aller à la section Références] en 1958 furent les précurseurs du vissage des petits os. Tupper [75Suzuki Y., Matsunaga T., Sato S., Yokoi T. The pins and rubbers traction system for treatment of comminuted intra-articular fracture-dislocations in the hand J Hand Surg 1994 ; 19B : 98-107
Cliquez ici pour aller à la section Références], puis Michon [55Michon J., Merle M., Foucher G. Traumatismes complexes de la main, traitement tout en un temps avec mobilisation précoce Chirurgie 1977 ; 103 : 956-964
Cliquez ici pour aller à la section Références] présentèrent des microboulons de 1mm de diamètre destinés aux traitements des fractures articulaires. Ikuta et Tsuge en 1974 utilisèrent à leur tour des vis de petite taille.
Le groupe AO avec Simoneta [69Simonetta C. The use of AO plates in the hand The Hand 1970 ; 2 : 43-45
Cliquez ici pour aller à la section Références] et Heim et Pfeiffer [32Heim U., Pfeiffer K.M. Small fragment set manual : technique recommended by the ASIF group Springer Verlag New York: Berlin-Heidelberg (1974).
Cliquez ici pour aller à la section Références] développèrent dans les années 1970 un abondant matériel dédié à la main.
Le souci de miniaturisation fut celui de Foucher, Merle, Michon [18Foucher G., Merle M., Michon J. Ostéosynthèse miniaturisée en chirurgie de la main Traité de chirurgie de la main Paris: Masson (1984).
407-418
Cliquez ici pour aller à la section Références,19Foucher G., Merle M. Complications des fractures ouvertes des doigts. Comparaison des méthodes de traitement À propos de 664 cas. Marseille: Réunion de printemps du GEM (1986).
Cliquez ici pour aller à la section Références] et Constantinesco [12Constantinesco A., Foucher G., Merle M., Scwhendt H., Meurice M., Chambron J., Michon J. Système non traumatique de mesure du comportement élastique des tendons : Application à la chirurgie réparatrice des traumatismes de la main (1977). Journées des techniques biomédicales, Strasbourg.
Cliquez ici pour aller à la section Références] qui, à partir d’études biomécaniques, miniaturisèrent le matériel d’apposition compte tenu des faibles contraintes appliquées aux chaînes digitales, et ceci dans le but d’interférer au minimum avec les espaces de glissement tendineux.
L’arsenal thérapeutique comprend également l’utilisation du fixateur externe dont la forme la plus rudimentaire est l’utilisation, comme fiches, de broches de Kirschner qui sont solidarisées par du ciment acrylique (Crockett) [13Crockett D.J. Rigid fixation of bones of the hand using K-wires bonded with acrylic resin The Hand 1974 ; 6 : 106-107
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Allieu [1Allieu Y. L’utilisation du tuteur externe en chirurgie de la main Act Orthop Belg 1973 ; 39 : 988-1001
Cliquez ici pour aller à la section Références] a développé une génération de fixateurs externes adaptés à la main en insistant sur les indications qui doivent se limiter au sauvetage des traumatismes complexes alors que Schuind et Burny [14De Kesel R., Burny F., Schuind F. Mini external fixation for hand fractures and dislocations : The currents state of the art Hand Clin 2006 ; 22 : 307-315
Cliquez ici pour aller à la section Références,62Robertson R.C., Cawley J.J., Faris A.M. Treatment of fracture dislocation of the interphalangeal joint of the hand J Bone Joint Surg 1946 ; 28A : 68-70
Cliquez ici pour aller à la section Références] ont promu à l’excès les indications du fixateur externe. Plus récemment sont apparus des modèles de fixateurs dynamiques adaptés aux fractures articulaires [58Pelissier P., Gardet H., Pinsolle V., Martin D. Dynamic external fixation for digital articular fracture Sydney: Poster IFSSH Meeting (11–15 mars 2007).
Cliquez ici pour aller à la section Références,65Schenck R.R. Dynamic traction and early passive movement for fractures of the proximal interphalangeal joint J Hand Surg 1986 ; 11A : 850-858
Cliquez ici pour aller à la section Références,75Suzuki Y., Matsunaga T., Sato S., Yokoi T. The pins and rubbers traction system for treatment of comminuted intra-articular fracture-dislocations in the hand J Hand Surg 1994 ; 19B : 98-107
Cliquez ici pour aller à la section Références].
Les matériaux résorbables sont d’utilisation plus récente. Nous avons, depuis 1989, développé et utilisé des broches intramédullaires en acide polylactique de haute résistance [84Voche Ph., Merle M., Membre H., Fockens W. Bioabsorbable rods and pins for fixation of metacarpophalangeal arthrodesis of the thumb J Hand Surg 1995 ; 20A (6) : 1032-1036
Cliquez ici pour aller à la section Références].
Cette génération d’implants à résorption lente augure de la mise au point de minivis de mêmes caractéristiques [87Waris E., Ashammaki N., Kaarela O., Ratkainen T., Vasenius J. Use of absorbable osteofixation devices in the hand J Hand Surg 2004 ; 29B : 590-598
Cliquez ici pour aller à la section Références] dont l’utilisation est encore très limitée.
Cet inventaire des méthodes d’ostéosynthèse montre que la miniaturisation du matériel a permis d’être plus offensif dans le traitement.
Robins [63Robins R.H.C. Injuries and Infections of the Hand London: Edward Arnold (1961).
Cliquez ici pour aller à la section Références], dès 1961, avait parfaitement défini le champ d’application de l’ostéosynthèse en la préconisant aux fractures diaphysaires de phalange ne répondant pas au traitement orthopédique, aux fractures articulaires et juxtaarticulaires et aux traumatismes complexes.
Pour la bonne compréhension de la démarche thérapeutique, nous rappellerons les principes architecturaux du squelette de la main, les mécanismes de déformation, les délais de consolidation et les principales classifications fracturaires.
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