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Réduction des risques et usages de drogues en détention : une stratégie sanitaire déficitaire et inefficiente - 19/06/12

Risk reduction and drug use in detention: Study about the detainees of Liancourt Penitentiary

Doi : 10.1016/j.lpm.2011.12.015 
Olivier Sannier 1, , Florent Verfaillie 2, Dorothée Lavielle 2
1 UCSA du Centre Pénitentiaire de Liancourt, 60140 Liancourt, France 
2 Département de médecine Générale, UFR de Médecine, Amiens, France 

Olivier Sannier, UCSA Centre Pénitentiaire de Liancourt, avenue Badinter, 60140 Liancourt, France.

Résumé

Contexte

La population carcérale est usagère de drogues. Les débats récents autour de la mise à disposition de dispositifs de réduction des risques liés à l’usage de drogues (programmes d’échange de seringue et kits sniff) nous amènent à questionner les pratiques locales de la population détenue.

Méthode

Un questionnaire anonyme a été proposé à la population détenue du Centre Pénitentiaire de Liancourt. Les questions abordaient la consommation de drogues avant et pendant l’incarcération, la connaissance du statut sérologique concernant le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et les hépatites B et C, la prise d’un traitement de substitution aux opiacés et l’avis concernant la mise en place de programmes d’échanges de seringues et kits sniff.

Résultats

Trois cent quatre-vingt-et-un (54,4 %) des 700 personnes détenues ont répondu ; 60,1 % des répondants consommaient au moins une drogue avant incarcération et 43,6 % des répondants consommaient au moins une drogue durant leur incarcération. Le cannabis était la drogue la plus consommée avant et pendant l’incarcération. À peine la moitié des répondants déclaraient connaître leur statut sérologique concernant le VIH et les hépatites B et C. Plus de 10 % des répondants déclaraient être intéressés par la mise en place de programmes d’échanges de seringues ou kits sniff.

Discussion

La prison concentre les usagers de drogue et elle ne constitue pas un outil répressif efficient de la réduction des risques. Les stratégies mises en place par l’UCSA du Centre Pénitentiaire de Liancourt nécessitent des adaptations qui justifient un développement des moyens sanitaires.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Background

The prison population is drug users. Recent debates around the provision of devices to reduce the risks associated with drug use (syringe exchange programs and snort kit) lead us to question local practices of the prison population.

Method

An anonymous questionnaire was offered to the prison population of the Liancourt penitentiary. The questions addressed the use of drugs before and during incarceration, knowledge of HIV and B and C hepatitis status, taking an opiate substitution treatment and advice on the implementation of syringe exchange programs and snort kit.

Results

A percentage of 54.4 of the prisoners responded to the questionnaire. An amount of 60.1 % of respondents consumed at least one drug before incarceration and 43.6 % of respondents consumed at least one drug during their incarceration. Cannabis was the most consumed drug before and during incarceration. Barely half of respondents reported knowing their HIV and hepatitis B and C status. Over 10 % of respondents said they were interesting in establishing needle exchange programs or snort kit.

Discussion

The prison concentrate drug users and is not a repressive tool of efficient risk reduction. The strategies implemented by the medical unit of Liancourt prison require adaptations that warrant development of health resources. Then, only new tools to reduce risks associated with drug use can be established.

Ce qui était connu

La population entrant en prison est usagère de drogues
La prévalence du VIH et de l’hépatite C est plus importante en milieu carcéral qu’en milieu libre
La mise à disposition de kits d’injections réduit les risques sanitaires liés à l’usage de drogues

Ce qu’apporte l’article

La population détenue interrogée poursuit sa consommation de drogues en détention
Les stratégies sanitaires visant à réduire les risques liés à l’usage de drogue ne sont pas efficientes
La population détenue interrogée est minoritairement intéressée par la mise à disposition de kit d’injection ou de sniff à usage unique, mais majoritairement réticente.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

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Vol 41 - N° 7-8

P. e375-e385 - juillet 2012 Retour au numéro
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