Obésité et diabète de type 2 - 16/02/08
Claudine JUNIEN
Voir les affiliations| pages | 12 |
| Iconographies | 7 |
| Vidéos | 0 |
| Autres | 0 |
Un des principaux défis pour la Nutrition est de prévenir, de contenir, voire de faire régresser le principal fléau actuel, celui de l'épidémie d'obésité-diabète de plus en plus précoce et de plus en plus sévère. La situation actuelle pourrait être la résultante non seulement d'interactions entre le terrain génétique -et l'environnement, alimentation, dépense énergétique et effets maternels- mais aussi de modifications épigénétiques qui seraient apparues chez les ancêtres et auraient été transmises tout en étant accentuées, aux générations actuelles par un effet progressif, transgénérationnel. Il ne s'agirait donc pas uniquement d'un effet direct touchant les individus atteints eux-mêmes d'obésité mais également d'un effet progressif, transgénérationnel. Des données chez l'homme et chez l'animal montrent que les conséquences d'une sous-alimentation subies par des individus peuvent être transmises aux générations suivantes. Longtemps considérée comme impossible, la transmission de caractères acquis à la descendance, pourrait passer par un support épigénétique. Sans altérer la séquence de l'ADN, des modifications épigénétiques non effacées lors du passage par la lignée germinale sont maintenant décrites chez plusieurs espèces. En effet il existe une corrélation entre le niveau d'expression d'un gène et sa méthylation (plantes) ou bien la méthylation d'une séquence transposable insérée à proximité d'un gène (mammifères). Le degré de méthylation d'un transposon peut effectivement moduler l'expression d'un gène dans lequel il s'est inséré (mutants de souris viable yellow au locus Agouti). Cependant, les sauts au hasard de transposons ne permettent pas d'expliquer les observations de plus en plus nombreuses d'effets transgénérationnels auxquels sont souvent associés des biais de transmission parentale. L'empreinte génomique ou parentale, grâce à la flexibilité de modifications épigénétiques rapides et réversibles, pourrait représenter le support logistique nécessaire aux adaptations de l'espèce à son environnement, pour répondre rapidement à un stimulus donné. Ces altérations de l'expression de gènes permettrait à l'espèce de répondre rapidement à une pression de sélection, sans avoir à attendre la sélection Darwinienne, salvatrice mais beaucoup trop lente. La transmission des effets transgénérationnels sur plusieurs générations, remettrait ainsi au goût du jour le débat sur l'héritabilité des caractères acquis, une sorte de « pseudo-lamarckisme ».
Neither the genetic model, (“thrifty genotype” and environment), nor the foetal programming epigenetic model, (“thrifty phenotype” and environment), can fully account for the earlier onset and the greater severity of obesity and/or diabetes, or the transgenerational effects (TGE). Although mostly ignored, there are numerous reports on the hereditary transmission of acquired effects both through the maternal line and the paternal line. Whereas TGE transmitted through the maternal line may be difficult to distinguish from uterine effects, by contrast those transmitted through the paternal line are consistent with the TGE hypothesis. Although the transmission of acquired traits was long considered to be impossible, there is now growing evidence that this type of transmission does exist and is mediated by epigenetic alterations. Epigenetic marks that are not completely erased through the germline have been described in several species. These epigenetic alterations concern transposable elements and probably imprinted genes. The insertion of an IAP sequence into the regulatory region of the agouti locus leads to the constitutive expression of this gene, resulting in a yellow coat, obesity, hyperinsulinism and tumours. However, the phenotype of the offspring varies considerably due to variable silencing of the transposon by methylation. Silencing in the offspring depends on the level of silencing of the IAP sequence in the mother. Alternatively, due to the flexibility of fast and reversible epigenetic modifications, genomic or parental imprinting may be the logistic medium required for the species to adapt to its environment so that it can rapidly react to a given stimulus. Genes that undergo genomic imprinting are monoallelically expressed, either from the paternal allele or from the maternal allele. However imprinting can be polymorphic between tissues, individuals and species. Thus, epigenetic alterations of imprinted genes may act as a buffering system enabling species to adapt to environmental factors by silencing or enhancing the expression of monoallelically expressed genes. These changes in gene expression enable the species to respond rapidly to selection pressure, without having to wait for Darwinian selection, which is effective but much slower. The transmission of transgenerational effects over several generations would therefore reopen the debate about the inheritance of acquired characteristics, a sort of “pseudo-lamarckism”.
Mots clés : Diabète , Obésité , Empreinte parentale , Effet transgénérationnels , Transposon , Épigénétique
Keywords:
Diabetes
,
Obesity
,
Genomic imprinting
,
Transgenerational effects
,
Transposon
,
Epigenetics
Plan
© 2002 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 37 - N° 4
P. 261-272 - septembre 2002 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’achat d’article à l’unité est indisponible à l’heure actuelle.
Déjà abonné à cette revue ?
