La douleur nocturne post-opératoire - 17/02/08
Nicolas Boisseau [1](photo),
Alexandre Beaudouin [2],
Didier Lugrin [3],
Patrick Niccolai [4],
Pascal Staccini [5],
Nadine Memran [6],
Marc Raucoules-Aimé [7],
et les médecins référents du groupe ADAAAM
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La prise en charge de la douleur aiguë post opératoire a connu un véritable essor. Néanmoins, peu de travaux se sont intéressés à la douleur nocturne. Nous avons évaluer les pratiques des infirmièr(e)s (IDE) de nuit par l’intermédiaire d’un questionnaire anonyme. Cette enquête montre que les IDE interrogées bénéficient d’une bonne expérience de par l’ancienneté de leur diplôme et la durée de travail de nuit, et le type de chirurgie qu’elles ont l’habitude de prendre en charge. On constate qu’une majorité de soignants n’a plus aucune crainte par rapport aux antalgiques et notamment la morphine (11 % ont des craintes, et 47,2 % redoute la dépression respiratoire). L’évaluation de la douleur (EVA) fait l’objet d’un recueil systématique pour plus de 90 % des IDE. Mais des manques dans la prise en charge de la douleur nocturne apparaissent. La surveillance d’un traitement par morphine est excessive la nuit, perturbant le sommeil des patients. Le corollaire est que 34,7 % des IDE interrogées considèrent que l’analgésie par morphine n’est pas compatible avec le sommeil. Les techniques d’analgésie loco-régionale, restent encore mal connues des IDE. Seule 1 IDE sur deux donne une information de qualité au patient avant qu’il ne s’endorme. Près de 57,7 % des IDE répondent n’avoir jamais ou rarement de prescription adaptées à l’échelle de la douleur. Ces constats laissent supposer que l’amélioration de la prise en charge nocturne de la douleur post-opératoire doit passer par la formation prioritaire pour ces soignants, et par la protocolisation de la prescription et de la surveillance des antalgiques la nuit.
Postoperative nighttime pain: survey of nursing practices |
Interest is growing in appropriate management of acute postoperative pain but little work has been devoted to nighttime pain. We evaluated nursing practices during the night shift using an anonymous questionnaire. The nurses who responded to the questionnaire were well experienced as seen by their level of training, length of night shift work, and type of surgery patients generally cared for. The majority were not worried about using morphine (11% expressed worry, 47.2% concern about respiratory depression). A visual analog scale was used by more than 90% of the nurses. Nevertheless, lack of care for nighttime pain was noted. Surveillance of morphine treatments was considered excessive during the night, perturbing the patients’ sleep. The corollary was that 34.7% of the nurses considered that morphine antalgesia is not compatible with sleep. Nurses were not particularly familiar with locoregional antalgesia techniques. Only half of the nurses delivered quality information to the patient before sleep. About half (57.7%) of the nurses stated they almost never had prescriptions adapted to the pain scale. These observations suggest the need for improved management of nighttime pain in postoperative patients. Improved caregiver training and clearly defined protocols for prescription and surveillance of antalgesics given during the night are needed.
Mots clés : douleur post-opératoire , enquêtes , qualité des soins infirmiers , rythme circadien
Keywords:
postoperative pain
,
survey
,
nursing quality
,
ciradian rhythm
Plan
© 2004 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 5 - N° 5-C1
P. 258-267 - octobre 2004 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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