Association entre dermatite atopique et risque de lymphome : analyse systématique de la littérature - 24/11/14
Résumé |
Introduction |
Il existe une controverse sur l’association entre la dermatite atopique (DA), le risque de lymphome et l’utilisation des inhibiteurs de la calcineurine topique (ICT). Les ICT ont été déremboursés en France chez l’enfant en 2013. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer si les patients atteints de DA présentent une augmentation du risque de base de développer un lymphome. L’objectif secondaire était d’évaluer si le traitement par les ICT influençait ce risque.
Observations |
Revue systématique à partir des bases de données Pubmed, Cochrane et Scopus, à partir des mots clés du Mesh « Atopic Dermatitis AND lymphoma »+« Atopic Dermatitis AND neoplasm ». Les limites étaient l’écriture des articles en langue française, anglaise et allemande, depuis 1980.
Une 1ère lecture des titres, des abstracts permettait d’exclure les articles hors sujet ou de méthodologie non adaptée. Nous avons réalisé une méta-analyse des études de cohorte et cas témoins à l’aide du logiciel RevMan 5.1.6.
Résultats |
La recherche DA+lymphoma a retrouvé 725 articles et la recherche DA+neoplasm 976 articles. Après lecture des titres et/ou des abstracts, ont été exclus 1676 articles, et 17 articles ont été exclus après lecture de l’article en texte complet. Au final, 7 articles ont été inclus, plus 13 articles additionnels issus des 1765 références analysées.
Le risque relatif (RR) de lymphome dans la DA était dans les études de cohorte de 1,43 (intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,12–1,81 ; I2 [index d’hétérogénéité]=28 %, p=0,25). Chez les patients traités par pimecrolimus le RR était de 1,58 (IC 95 % : 0,83–3,00 ; I2=0 %, p=0,83) et par tacrolimus de 3,13 (IC 95 % : 0,67–14,57 ; I2=82 %, p=0,02). L’odds ratio (OR) de lymphome dans la DA était dans les études cas témoins de 1,20 (IC 95 % : 0,94–1,55 ; I2=86 %, p<10−4)., chez les patients traités par tacrolimus de 1,04 (IC 95 % : 0,54–2,02 ; I2=0 %, p=0,68). Une seule étude cas-témoins a été retrouvé pour les patients traités par pimecrolimus et ne retrouvait pas de sur-risque (OR=0,85 [IC 95 % : 0,47–1,55]). Chez les patients traités par dermocorticoïdes (DC) forts l’OR était de 1,73, (IC 95 % : 1,52–1,97 ; I2=0 %, p=0,68), et par DC faibles de 1,11 (IC 95 % : 0,80–1,54 ; I2=75 %, p=0,04). Les 3 études étudiant la sévérité de la DA retrouvaient un sur-risque de lymphome.
Discussion |
On retrouve une augmentation modeste du risque de lymphome dans la DA, significative dans la méta-analyse sur les études de cohortes. La sévérité de la DA est un cofacteur significatif. Il n’a pas été retrouvé d’effet favorisant des ICT. Il existe des facteurs confondants qui pourraient expliquer ce sur-risque de lymphome : difficulté du diagnostic différentiel entre DA de l’adulte et lymphome cutané. Le rôle des corticoïdes forts pourrait être du à un biais protopathique.
Conclusion |
Il existe une probable augmentation du risque de lymphome dans la DA sévère. Il n’existe pas d’effet favorisant retrouvé des ICT.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Dermatite atopique, Inhibiteur de la calcineurine topique, Lymphome
Plan
Vol 141 - N° 12S
P. S487 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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