Réduction de la consommation de carbapénèmes : impact d’un avis infectieux précoce - 02/12/14
Résumé |
Introduction |
L’augmentation constante des entérobactéries productrices de béta-lactamases à spectre étendu (EBLSE) et parallèlement de la consommation de carbapénèmes en France est alarmante. Le plan national d’alerte des antibiotiques a donc recommandé de contrôler la prescription de certaines classes d’antibiotiques « critiques » comme celle-ci. Il existe peu de données dans la littérature mesurant l’impact d’une prescription d’antibiotique contrôlée par un infectiologue référent dans un centre hospitalier général.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude descriptive, prospective monocentrique réalisée pendant 2mois, du 01/02/14 au 31/03/14 (2mois) au centre hospitalier du Sud Francilien (CHSF : 710 lits Adultes, Corbeil, 91). Toutes les prescription des carbapénèmes en dispensation contrôlée ont été inclues, et systématiquement analysées par un pharmacien et un infectiologue. Un conseil direct de l’infectiologue au prescripteur a été alors réalisé. Parallèlement, les données cliniques et biologiques ont été recueillies sur le dossier médical par un questionnaire standardisé. Les patients inclus ont été suivis jusqu’à leur sortie d’hospitalisation.
Résultats |
Pendant les 2mois de l’étude, 44 traitements par carbapénème (imipenem : 42, ertapenem : 2) ont été instaurés, principalement en réanimation (n=26) et en hématologie (n=7), correspondant à 32 patients (de 1 à 3 traitements séquentiels par patient). La prescription à l’instauration était empirique chez 29 patients, et documentée chez 15 patients. L’infection traitée était communautaire chez 8 patients, et associée aux soins chez 36 patients. Le délai médian entre l’introduction du traitement et l’avis infectieux était de 1,5jours (0–5), principalement lié au délai de réception de la prescription à la pharmacie. Dans 8 cas (18 %), le traitement par carbapénème avait été arrêté avant l’avis de l’infectiologue, 2 patients étaient décédés avant avis. Un avis infectieux a donc été donné pour 34 prescriptions, conduisant à 14 désescalades avec une autre molécule et 3 arrêts d’antibiothérapie (soit 50 % d’arrêt de carbapénèmes). La durée moyenne de traitement par carbapénème a été de 18jours chez les patients dont le traitement a été poursuivi après avis (dont 4 traitements longs : 2 prostatites chroniques, 1 nocardiose disséminée, 1 ostéite), et de 2,6jours chez les patients dont le traitement a été arrêté après avis. Quatre patients sont décédés lors du suivi, dont une patiente chez qui l’antibiothérapie avait été arrêtée dans le cadre d’une restriction de soins. Aucun traitement désescaladé ou arrêté n’a dû être repris pour le même évènement clinique.
Conclusion |
Notre étude montre qu’un avis infectieux systématique sur les prescriptions de carbapénèmes aboutit à 50 % de désescalade ou arrêt des antibiotiques, sans pour autant nuire au pronostic des patients. L’informatisation de la prescription permettra d’améliorer le délai des avis, primordial dans un contexte où la sélection de bactéries résistantes aux carbapénèmes dans la flore digestive est déjà multipliée par six à 3jours de traitement par carbapénèmes.
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Vol 35 - N° S2
P. A131-A132 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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