Incidence et facteurs de risque de survenue du diabète cortico-induit au cours des maladies systémiques inflammatoires et auto-immunes : étude rétrospective à partir d’une série monocentrique de 150 adultes - 02/12/14
, N. Limal 2, F. Roudot-Thoraval 3, C. Guillaud 2, L. Pedro 1, V. Loustau 2, B. Courbebaisse 1, L. Clavier 1, C. Droumaguet 1, M. Michel 2, C. Ajzenberg 1, B. Godeau 1Résumé |
Introduction |
Les glucocorticoïdes (GC) restent le principal traitement des maladies systémiques inflammatoires et auto-immunes (MSIAI). Bien que le diabète cortico-induit (DCI) soit une des principales complications des GC, sa prévalence et ses facteurs de risque (FR) de survenue ont été très peu étudiés dans cette population spécifique. Nous rapportons la plus grande série rétrospective d’adultes atteints de MSIAI et nouvellement exposés aux GC afin d’étudier ces 2 paramètres importants à connaître pour les cliniciens prescripteurs et les patients exposés à ce traitement.
Patients et méthodes |
L’incidence du DCI défini selon les critères diagnostiques de diabète de l’ADA et ses FR de survenue ont été étudiés à partir d’une série monocentrique rétrospective de 150 patients consécutifs adultes atteints de MSIAI, non-diabétiques, n’ayant antérieurement jamais reçu de GC et chez qui un traitement par GC intra-veineux et/ou per os a été institué entre 2011 et 2013. Les patients ont tous été suivis pendant au moins 1 an.
Résultats |
Les 150 malades étudiés (101F, 49H), d’âge moyen de 52ans (18 à 96ans), souffraient principalement de vascularites systémiques (37 %), de cytopénies auto-immunes (31 %) et de connectivites (23 %). Le BMI moyen était de 24,3kg/m2. Les GC ont été administrés per os chez 125 patients (83 %) à la dose moyenne de prednisone de 1mg/kg et par voie veineuse chez 25 patients (17 %) à la dose moyenne d’équivalent prednisone de 8mg/kg. La durée médiane de suivi était de 17 mois (IQR 9,8–22,6). L’incidence du DCI était de 20 %, survenant dans 67 % des cas dans le mois suivant la mise en route des GC et dans 90 % des cas dans les 6 mois. Dans 50 % des cas, le diagnostic de DCI était basé uniquement sur les résultats des glycémies post-prandiales ou pré-prandiales≥2g/L alors que la glycémie à jeun était normale. En analyse univariée la survenue d’un DCI était plus fréquente chez les sujets âgés de plus de 60ans, chez ceux ayant au moins 2 FR cardio-vasculaires, et chez les afro-antillais. L’existence d’un pré-diabète était significativement associée à la survenue d’un DCI mais le nombre de données manquantes n’a pas permis de l’inclure dans l’analyse multivariée. Le type de MSIAI n’avait pas d’influence sur la probabilité de survenue d’un DCI. En analyse multivariée, les seuls FR associés au développement du DCI étaient l’origine afro-antillaise (OR : 9,25 ; IC 95 % [2,10–40,79]) et un nombre de FR cardiovasculaires à l’inclusion≥2 (OR : 4,83 ; IC 95 % [1,58–14,81]). Sur les 30 patients ayant développé un DCI, 8 (27 %) ont nécessité un traitement par insuline, 15 (50 %) de simples règles hygiéno-diététiques et 7 (23 %) des traitements anti-diabétiques oraux.
Discussion |
L’incidence du DCI dans notre étude est proche de celle retrouvée dans d’autres travaux portant sur des populations similaires mais plus restreintes et estimée entre 10 et 20 % [1, 2]. Le délai de survenue du DCI est précoce, en rapport avec les fortes doses de GC utilisées. Une survenue plus tardive et même occasionnellement au-delà de 6 mois après la mise en route des GC est possible, indiquant la nécessité de maintenir la surveillance. Nos résultats soulignent l’importance de la surveillance glycémique postprandiale et préprandiale alors que la glycémie à jeun peut être normale et conduire à un retard diagnostique si on se limite à cet examen. Nos résultats mettent également en évidence des FR de DCI non décrits jusqu’à présent tels que l’origine ethnique afro-antillaise et le nombre de FR cardiovasculaire≥2.
Conclusion |
A ce jour, cette étude est le plus large travail évaluant l’apparition du DCI dans une population de patients présentant de MSIAI. Certains des résultats confortent les données de la littérature, d’autres, plus novateurs, comme les nouveaux facteurs de risque liés au DCI décrits dans cette étude, méritent d’être pris en considération et confirmés par un travail prospectif.
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Vol 35 - N° S2
P. A66-A67 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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