Instabilités luno-triquétrales post-traumatiques : étude prospective du traitement par capsulodèse dorsale utilisant le ligament intra-carpien dorsal - 05/12/14
, Jean-yves BeaulieuRésumé |
Introduction |
La douleur du versant ulnaire du poignet après un traumatisme est un problème fréquent auquel est confronté le chirurgien de la main. Les lésions luno-triquétrales, soit seules soit associées à d’autres lésions ligamentaires, peuvent en être la cause. L’examen clinique, l’IRM et l’arthroscopie vont mener au bon diagnostic. Mais le traitement de ce type de lésions reste un défi pour le chirurgien.
Méthode |
Nous avons effectué une étude prospective entre 2008 et 2013 incluant des patients ayant présenté un traumatisme de l’articulation luno-triquétrale. Le diagnostic était suspecté devant un test de Reagan positif et confirmé par une résonance magnétique (IRM). Le stade de la lésion était évalué par arthroscopie en utilisant la classification de Geissler. Le traitement, effectué par le chirurgien senior du service consistait en une arthrorise luno-triquétrale par broches de Kirschner percutanée associée à une capsulodèse dorsale en utilisant une hémi-bandelette du ligament intra-carpien dorsal fixé par une ancre au lunatum et une ancre au triquetrum. Le poignet était immobilisé par une attelle durant 8 semaines jusqu’à l’ablation des broches. La rééducation était dès lors débutée. Les mobilités articulaires étaient mesurées à chaque contrôle post-opératoire de même que la force à l’aide d’un dynamomètre hydraulique (Jamar).
Résultats |
Douze patients (3 femmes, 9 hommes, âge moyen 38ans) avec une instabilité luno-triquétrale post-traumatique ont été traités dans notre service. Le test de Reagan a été noté positif chez deux patients. L’arthroscopie a révélé une lésion Geissler II chez 1 patient et Geissler III chez les 11 autres patients. Diverses autres lésions ligamentaires ont été retrouvées chez 7 patients. Cinq d’entre eux avaient des lésions du ligament triangulaire du carpe, un patient présentait une lésion du ligament scapho-lunaire (SL) et un dernier avait une association de ces deux lésions. Un patient a présenté une fracture du scaphoïde qui a été traitée par un vissage en compression. Les deux lésions SL étaient classifiées stade III selon Geissler. Parmi les lésions du ligament triangulaire du carpe, il y avait trois stades IA, deux IB et un IIB. Toutes les lésions du ligament triangulaire ont été traitées par débridement arthroscopique. Seule une complication consistant en une compression douloureuse d’une branche cutanée dorsale du nerf ulnaire a été notée et a pu être résolue par une neurolyse permettant une disparition des douleurs. La mobilité articulaire était satisfaisante chez tous les patients. Les mobilités moyennes étaient de 50° en flexion, 62° en extension, 73° en pronation, 84° en supination, 35° en déviation radiale et 15° en déviation ulnaire. La force mesurée au Jamar était de 82 % en moyenne comparée à la force du côté sain.
Conclusion |
La capsulodèse dorsale utilisant le ligament intra-carpien dorsal associé à une arthrorise luno-triquetrale est une méthode de traitement fiable des instabilités luno-triquétrales et permet des résultats fonctionnels satisfaisants à long terme.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Instabilité luno-triquétrale, Capsulodèse dorsale, Ligament intra-carpien dorsal
Plan
Vol 33 - N° 6
P. 426 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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