Une utilisation de la néostigmine peu décrite : l’intoxication volontaire à la tropatépine - 07/05/15
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Résumé |
Introduction |
La tropatépine (LEPTICUR®) est une molécule de synthèse prescrite dans la maladie de Parkinson ou pour corriger un syndrome parkinsonien induit par les neuroleptiques [1]. Médicament anticholinergique, dans ses effets, sont décrits xérostomie, troubles de l’accommodation, hypertonie oculaire, troubles mictionnels, constipation, à doses thérapeutiques, comme en surdosage [2]. Cependant, ces derniers sont très peu décrits, ce traitement étant peu utilisé hors de France. Les auteurs décrivent un cas d’intoxication grave par tropatépine ayant nécessité un traitement symptomatique, épurateur et antidotique.
Observation |
Une patiente de 17ans, suicidaire, absorbe 30 comprimés de LEPTICUR® 10mg, soit 300mg de tropatépine, ainsi que 8g de paracétamol. Ses parents la conduiront rapidement aux urgences. À 2h de la prise, toujours asymptomatique aux urgences, du charbon activé est administré après avis du centre antipoison, et une surveillance médicale est poursuivie. À 4h de la prise, elle présente d’importants signes atropiniques : tachycardie, agitation et hypertonie des membres, hyperthermie, mydriase avec confusion. Une ampoule de clonazépam 1mg IV est administrée ainsi qu’un traitement antidotique par néostigmine à 0,5mg en IVL. Ces deux traitements sont répétés 20 mn après. Après une amélioration clinique, une récidive de ces signes est notée à 21h de la prise. Une troisième dose de néostigmine à 0,5mg est alors prescrite. Il s’en suit une nette amélioration clinique avec diminution progressive des signes neurologiques permettant une sortie à j4 de la prise. La paracétamolémie réalisée à H4 de 50mg/L était inférieure au seuil toxique. Le reste du bilan paraclinique était strictement normal. Le dosage sanguin de tropatépine n’a pas été réalisé.
Discussion |
Ce cas est caractéristique d’une intoxication anticholinergique. Les signes neurologiques centraux sont prépondérants, en accord avec les données pharmacologiques qui suggèrent une plus grande spécificité de la tropatépine pour le système nerveux central [2]. Après des traitements épurateurs et symptomatiques insuffisants, le traitement antidotique a été débuté. Son efficacité à été notable, même si trois doses ont été nécessaires. La néostigmine est un parasympathomimétique anticholinestérasique utilisé comme antidote lors des intoxications anticholinergiques sévères, mais cela n’a jamais été décrit à notre connaissance lors d’une intoxication à la tropatépine. Un seul cas d’intoxication mortelle à la tropatépine a été rapporté chez une patiente de 76ans [3]. L’évolution défavorable peut s’expliquer par son âge, ses comorbidités, des quantités ingérées inconnues, et l’absence d’un traitement antidotique administré. À noter qu’un dosage sanguin de tropatépine avait été réalisé chez cette patiente montrant des valeurs à plus de six fois la normale (139μg/L).
Conclusion |
Il est important de bien de connaître la prise en charge d’un surdosage en tropatépine, un médicament fréquemment prescrit en France, pouvant entraîner une intoxication grave anticholinergique, pour lequel un antidote efficace existe.
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Vol 27 - N° 2S
P. S16-S17 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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