Plomb et accident par arme à feu - 07/05/15
, C. Masson-Samoyault 1, S. Mesli 2, E. Sudre 1, P. Brun 1, N. Nadjimi-Sarram 1, T. Rami 3, S. Gromb-Monnoyeur 1Résumé |
Introduction |
Très peu de publications décrivent la cinétique du plomb suite à un traumatisme balistique. Nous en présentons trois cas.
Méthode |
Analyse rétrospective des patients hospitalisés à l’UHSI entre 2008 et 2014 et ayant reçu une ou plusieurs balles peu de temps avant leur incarcération et leur admission dans notre service.
Résultats |
Patient no 1 : un homme de 64ans, tentative de suicide par arme à feu dirigée contre le visage. Environ 10 éclats de balles sont localisés dans le visage et le crâne. La réanimation initiale a duré 3 mois et aucun débris métallique n’a été retiré. Lors de son admission dans notre unité, une première plombémie est réalisée à j89, à 223μg/L (N<85μg/L chez les hommes (95e percentile)). Le patient ne présentait pas de signe clinique de saturnisme. La plombémie a diminué à 182μg/L à j155 pour remonter à 213μg/L à j169, suite à une intervention chirurgicale. Pendant les deux années dans le service, la plombémie a chuté de 223 à 140μg/L avec des variations survenant au décours des interventions chirurgicales. Aucun signe clinique d’intoxication n’est survenu, et aucune chélation n’a été réalisée. Patient no 2 : un homme de 20ans a été hospitalisé après un traumatisme balistique par des chevrotines dans l’abdomen. Plus de 100 plombs ont été laissés dans le ventre. Aucun plomb n’a été retiré. La première plombémie (j12) a été mesurée à 241μg/L pour atteindre un maximum de 418μg/L à j36. Il a quitté le service à J40, et a été perdu de vue sur le plan médical. Aucune chélation n’a été nécessaire. Patient no 3 : un homme de 43ans, hospitalisé après une blessure au visage par arme à feu. Quelques fragments de balle sont restés dans le visage. La phase de réanimation a duré 11jours et aucun plomb n’a été retiré. La première plombémie est réalisée à j38 avec une concentration à 225μg/L, pour atteindre un maximum de 265μg/L à j52. Ici aussi, la plombémie a varié entre 225 et 191μg/L avec un maximum de 265μg/L (j52), du fait de plusieurs interventions chirurgicales. Le patient n’a présenté aucun signe clinique d’intoxication, et aucune chélation n’a été nécessaire.
Conclusions |
Même avec un nombre important de balles dans le corps, la plombémie augmente à des valeurs peu importantes sans entraîner de signe clinique, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
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Vol 27 - N° 2S
P. S27 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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