Distribution post-mortem de l’oxycodone et de l’oxymorphone libres et conjuguées dans un cas d’intoxication létale chez un adulte - 07/05/15

Résumé |
Objectif |
L’oxycodone est un morphinique majeur de palier 3 qui suit la législation des stupéfiants. L’élargissement récent de ses indications thérapeutiques laisse prévoir une croissance des cas médicolégaux à traiter par les toxicologues. Les données de la littérature de distribution post-mortem sont peu nombreuses et non concordantes [1]. Nous documentons ici la distribution dans les tissus de l’oxycodone (OC), de son métabolite actif l’oxymorphone (OM) et de leurs glucuroconjugués dans un cas de décès chez un adulte suite à une intoxication volontaire.
Méthodes |
Des échantillons de sang périphérique, de sang cardiaque, d’urine, de bile et de contenu gastrique ont été traités par une méthode d’extraction liquide-liquide alcaline. Pour déterminer le pourcentage de formes conjuguées, les échantillons ont subi une hydrolyse enzymatique de 12h par glucuronidase. La quantification de l’OC et de l’OM des échantillons hydrolysés et non hydrolysés a été effectuée par chromatographie en phase liquide couplée à une double spectrométrie de masse (LC-MS/MS 3200Q TRAP®, ABSciex). Une analyse toxicologique de référence a été réalisée par ailleurs. Le ratio métabolique a été calculé par le rapport des concentrations d’OM sur celles d’OC. Le pourcentage de forme conjuguée a été calculé par la formule : (concentration après hydrolyse−concentration avant hydrolyse)/concentration après hydrolyse.
Résultats |
Les résultats sont synthétisés dans le Tableau 1.
Le coefficient de redistribution (sang cardiaque/sang périphérique) pour l’OC est de 2,71 et de 2,38 pour l’OM. Il n’y a pas d’autres médicaments ou toxiques identifiés.
Conclusion |
Les valeurs retrouvées d’OC concordent avec les concentrations létales de cas rapportés dans la littérature [1]. Il s’agit ici d’une intoxication pure. Les ratios métaboliques stables (5 %) nous permettent de déduire que le décès est survenu lorsque l’équilibre métabolique a été atteint, soit plus d’une heure après la prise. Les rapports sang cardiaque/sang périphérique mettent en évidence un phénomène de redistribution post-mortem. Le rapport OM/OC élevé et la forte de présence de formes conjuguées au niveau de l’estomac laisse supposer une contamination post-mortem par la bile. Les concentrations urinaires et biliaires sont très élevées mais potentiellement compatibles avec un traitement antérieur à l’OC. À la différence de l’OC, l’OM conjuguée retrouvée en quantité importante dans le sang, l’urine et la bile, laisse supposer que les phénomènes d’hydrolyses post-mortem peuvent majorer ses concentrations.
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Vol 27 - N° 2S
P. S45 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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