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Utilisation diagnostique de la procalcitonine devant une suspicion d’infection : étude rétrospective de 268 patients en « post urgences » de médecine interne - 15/11/17

Doi : 10.1016/j.revmed.2016.10.074 
A. Konaté , A. Pillant, F. Dabas, P. Rullier
 Unité diagora, département de médecine interne, CHRU, hôpital Saint-Éloi, Montpellier, France 

Auteur correspondant.

Riassunto

Introduction

Les patients admis aux urgences en situation a priori infectieuse bénéficient de nombreux tests biologiques. Parmi ceux-ci, la procalcitonine (PCT) semble avoir un intérêt diagnostique en raison de sa cinétique rapide et d’une grande spécificité pour les infections bactériennes. Nous rapportons notre expérience en situation de « post urgences ».

Patients et méthodes

Étude monocentrique rétrospective sur la période janvier à avril 2016, dans une unité de médecine interne dédiée à l’aval des urgences. Étaient inclus tous les patients ayant un syndrome de réaction inflammatoire systémique ou un sepsis ; nous avons relevé s’il y avait eu un dosage de la PCT aux urgences, les résultats positifs (seuil fixé à 0,5ug/l), la répétition du dosage après 6 à 12heures en cas de normalité, le dosage de la protéine c-réactive (CRP), la prescription d’antibiotiques et le diagnostic retenu à l’issue de la prise en charge.

Résultats

Durant ces quatre mois, 496 patients ont été pris en charge. Ont été inclus dans l’étude 268 patients, suspects d’être infectés (54 %). Ces patients étaient âgés de 74 ans en moyenne, sex-ratio 1. Le diagnostic final était surtout une infection pulmonaire (56 %), urinaire (20 %), plus rarement cutanée (4 %) ou autre (12 %). Vingt quatre patients (9 %) avaient une pathologie non infectieuse, le plus souvent un cancer ou une pancréatite aiguë. La PCT avait été dosée chez 81 patients (30 %) et était élevée pour 34 d’entre eux (42 % des dosages). La répartition des diagnostics finaux dans ce groupe avec PCT élevée était similaire à celle de l’ensemble de la population incluse. Lorsque la PCT était élevée, la CRP était toujours anormale. Pour l’ensemble des patients inclus, les antibiotiques étaient prescrits indépendamment du résultat de la PCT. Un résultat normal de PCT n’a été recontrôlé que chez un patient.

Discussion

La procalcitonine, marqueur biologique précoce et rapide de l’infection bactérienne, a démontré un intérêt dans certaines situations précises, telles la réduction de la prescription antibiotique dans les infections pulmonaires en soins primaires, les exacerbations de bronchopathie chronique aux urgences, la réduction de la durée de l’antibiothérapie en réanimation ou soins intensifs. Cependant, les études, au travers d’algorithmes décisionnels basés sur un dosage systématique de la PCT, ne semblent pas pouvoir démontrer une utilité diagnostique claire et pratique aux urgences, et n’a pas été spécifiquement évaluée en « post urgences ». Notre travail, bien que limité par son caractère monocentrique et rétrospectif, semble confirmer cette réalité quotidienne : moins de 30 % de patients avaient eu un dosage de PCT aux urgences. Moins de la moitié de ces dosages étaient positifs, ce qui n’a pas empêché la prescription d’antibiotiques aux urgences ou en « post urgences ». Ce faible taux de positivité pourrait sans doute être augmenté par la répétition du test, option qui semble méconnue des praticiens. Toutefois, il n’est pas certain que cela influence la prescription initiale d’antibiotiques. En effet, les médecins ont probablement du mal à baser leur décision sur ce marqueur, chez des patients en une situation de gravité potentielle du fait de leur hospitalisation, leurs co-morbidités, âge, état général ou symptômes et, d’autre part, de l’intérêt pronostique de débuter le plus rapidement possible une antibiothérapie devant un sepsis. Cette difficulté est aussi clairement illustrée par le taux variable d’adhérence des médecins, de 47 à 91 %, dans les études utilisant des algorithmes diagnostiques basés sur la PCT.

Conclusion

Le dosage précoce non ciblé de la procalcitonine ne semble pas avoir un intérêt diagnostique en pratique aux urgences, chez les patients suspects d’être infectés et admissibles en médecine interne. Une évaluation multicentrique pourrait confirmer nos résultats.

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Vol 37 - N° S2

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