Néphrotoxicité du lithium - 04/04/19

Renal toxicity of lithium

Doi : 10.1016/j.nephro.2018.11.001 
Aude Servais
 Service de néphrologie adulte, hôpital Necker, université Paris Descartes, 149, rue de Sèvres, 75015 Paris, France 

Résumé

Les sels de lithium restent le traitement de référence du trouble bipolaire, mais leur utilisation se heurte à un indice thérapeutique étroit et à des effets secondaires. Deux types de néphrotoxicité sont observés : un trouble de la concentration des urines, précoce, dès huit semaines de traitement, et une réduction du débit de filtration glomérulaire à long terme. Le diabète insipide néphrogénique est observé chez 40 à 50 % des patients. Cette réduction de la capacité de concentration des urines est corrélée à la durée d’exposition au lithium. Ce trouble de concentration des urines se traduit par un syndrome polyuropolydipsique qui peut être chiffré jusqu’à 10 L/j. Il serait moins fréquent en cas de prise unique quotidienne. Chez les patients, il apparaît en général après huit semaines de traitement et, après l’arrêt du traitement, les symptômes régressent lentement. Ils sont cependant inconstamment réversibles, surtout si le traitement a été prolongé plus de 15 ans. Une insuffisance rénale chronique est observée chez certains patients traités depuis 10 à 20 ans. Sa prévalence est chiffrée à 12 % après 19 ans de traitement. Certains patients (0,5 %) sont susceptibles d’évoluer vers l’insuffisance rénale terminale. Le seul facteur de risque retrouvé est la durée d’exposition au lithium. Il s’agit d’une néphropathie tubulo-interstitielle chronique dont l’évolution est le plus souvent lente. Des kystes sont fréquemment visualisés sur les examens d’imagerie. La question de l’arrêt du traitement est une question délicate. Le néphrologue doit prendre en compte la gravité éventuelle de la maladie psychiatrique qui peut être associée à un risque élevé de récidive et de suicide. La discussion doit donc se faire de manière conjointe entre le patient, le néphrologue et le psychiatre. Le bénéfice rénal de l’arrêt du traitement n’est réel que si l’insuffisance rénale est modérée (débit de filtration glomérulaire supérieur à 40mL/min).

Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.

Abstract

Besides its efficiency, lithium has a narrow therapeutic index and can result in considerable toxicity. Among the potential side effects, two types of renal toxicity are observed: a decreased renal concentrating ability and a chronic renal failure. Lithium-induced polyuria is frequent, estimated to affect up to 40% of patients, and develops usually early. It may be irreversible, especially if the treatment has been prescribed for more than 15 years. A chronic renal failure is observed in patients treated for more than 10 to 20 years. Its prevalence is estimated at 12% after 19 years of treatment. Some patients (0.5%) may reach end stage renal disease. The major risk factor is the duration of exposure to lithium. Discussion about stopping or not lithium in case of renal failure needs multidisciplinary expertise and depends on psychiatric status and renal function.

Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.

Mots clés : Diabète insipide néphrogénique, Kyste, Lithium, Néphropathie tubulo-interstitielle chronique, Syndrome polyuropolydipsique, Trouble bipolaire

Keywords : Bipolar disorder, Chronic tubulointerstitial nephropathy, Cyst, Lithium, Nephrogenic diabetes insipidus, Polyuropolydipsic syndrome


Mappa


 Cet article est paru initialement dans EMC - Néphrologie 2015;12(4):1–6 [article 18-066-D-20]. Nous remercions la rédaction d’EMC-Néphrologie pour son aimable autorisation de reproduction.


© 2018  Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation. Pubblicato da Elsevier Masson SAS. Tutti i diritti riservati.
Aggiungere alla mia biblioteca Togliere dalla mia biblioteca Stampare
Esportazione

    Citazioni Export

  • File

  • Contenuto

Vol 15 - N° 2

P. 120-126 - aprile 2019 Ritorno al numero
Articolo precedente Articolo precedente
  • Hémosidérose rénale consécutive à une hémolyse mécanique : un cas original
  • Julie Zettl, Philippe Mirgaine, Bernadette Aymard, Mathieu Valla, Mohammad Rahmati, Zead Tubail, Fleuria Flechon-Meibody, Benjamin Savenkoff

Benvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
L'accesso al testo integrale di questo articolo richiede un abbonamento.

Già abbonato a @@106933@@ rivista ?

@@150455@@ Voir plus

Il mio account


Dichiarazione CNIL

EM-CONSULTE.COM è registrato presso la CNIL, dichiarazione n. 1286925.

Ai sensi della legge n. 78-17 del 6 gennaio 1978 sull'informatica, sui file e sulle libertà, Lei puo' esercitare i diritti di opposizione (art.26 della legge), di accesso (art.34 a 38 Legge), e di rettifica (art.36 della legge) per i dati che La riguardano. Lei puo' cosi chiedere che siano rettificati, compeltati, chiariti, aggiornati o cancellati i suoi dati personali inesati, incompleti, equivoci, obsoleti o la cui raccolta o di uso o di conservazione sono vietati.
Le informazioni relative ai visitatori del nostro sito, compresa la loro identità, sono confidenziali.
Il responsabile del sito si impegna sull'onore a rispettare le condizioni legali di confidenzialità applicabili in Francia e a non divulgare tali informazioni a terzi.


Tutto il contenuto di questo sito: Copyright © 2026 Elsevier, i suoi licenziatari e contributori. Tutti i diritti sono riservati. Inclusi diritti per estrazione di testo e di dati, addestramento dell’intelligenza artificiale, e tecnologie simili. Per tutto il contenuto ‘open access’ sono applicati i termini della licenza Creative Commons.