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Cigarette électronique : quels accidents décrits nécessitent une prise en charge en urgence ? - 26/02/21

Doi : 10.1016/j.toxac.2020.10.038 
C. Tournoud ⁎ , L. Pasquier, C. Bourzeix, E. Puskarczyk
 Centre Antipoison Est, CHRU de Nancy, Nancy 

⁎Auteur correspondant.

Riassunto

Introduction

La cigarette électronique (« e-cig », « vape »…) permet de délivrer une « fumée artificielle » à l’arbre respiratoire, en réalité un aérosol ultrafin généré par le chauffage à haute température (de l’ordre de 200°C) d’un liquide (« e-liquide ») destiné à cet usage. Ce dispositif est devenu rapidement très prisé, notamment chez les jeunes. Basé sur la présence de solvants (glycérine et/ou propylène glycol) adjuvé ou non de nicotine, le e-liquide se trouve généralement aromatisé, le plus souvent par des arômes développés pour l’industrie alimentaire.

Objectif

Décrire les différents types d’exposition aux e-liquides chez l’enfant et l’adulte.

Discussion

Les accidents de projection dans l’œil ou d’écoulement en bouche, l’ingestion accidentelle par les enfants [1] voire l’ingestion volontaire par les adultes [2] constituent les expositions classiques les plus fréquentes connues des centres antipoison. Le risque aigu découle avant tout de la dose de nicotine ingérée, mais heureusement, le caractère irritant limite la quantité en cause, notamment chez l’enfant. Les intoxications accidentelles sont de loin le plus souvent bénignes alors même que l’ingestion de quelques millilitres d’un liquide très concentré en nicotine est susceptible de mettre en jeu le pronostic vital d’un enfant dans un tableau de syndrome nicotinique sévère.

Plus récemment, le vapotage est devenu le mode d’administration de substances psychoactives autres que la nicotine. De fait, les multiples avantages du vecteur « vapotage » ouvre la porte à la consommation large de substances : cannabidiol, cannabinoides de synthèse…. La consommation de e-liquides, présentés le plus souvent comme contenant du cannabidiol (CBD) auprès d’adolescents, peut entrainer des effets non recherchés essentiellement neurologiques (malaise, vertiges, troubles du sommeil, de la vision, céphalées, somnolence), psychiatriques (anxiété, angoisse, hallucinations, troubles du comportement), troubles digestifs (vomissements, nausées), cardiaques (tachycardie, douleur thoracique). Ces molécules jusqu’à 200 fois plus puissantes que le THC (tétrahydrocannabinol) ont un potentiel de dépendance et une toxicité majorée.

Plus récemment encore, le signalement par les autorités de santé Nord-Américaines de pathologies pulmonaires sévères, survenues après vapotage ou pratique du « dabbing », a alerté les autorités sanitaires françaises. Au 18 février 2020, le CDC (Centers for Disease Control and Prevention, USA) rapportait 2807 cas graves, dont 68 décès [3]. A ce jour, un faisceau d’arguments cible la présence de composés lipidiques exogènes retrouvés dans les lavages bronchiolo-alvéolaires (LBA) des patients investigués, dont l’acétate de vitamine E (acétate d’α-tocophéryl), utilisé comme épaississant dans des e-liquides illicites au THC. En France, un dispositif national de veille, d’alerte et de surveillance des pneumopathies sévères après vapotage a été mis en place.

Conclusion

Le cocktail de molécules vapoté s’avère contenir bien moins de substances que celui issu de la combustion du tabac fumé, mais reste pour autant mal connu, tout comme leurs conséquences possibles sur l’organisme à long terme. Quel que soit le contexte d’effets non souhaités ou inattendus du vapotage, la documentation analytique reste la clef pour apporter la preuve de la présence d’un toxique et tenter de l’identifier ou conforter les hypothèses mécanistiques en cause : urines devant des effets psychotropes, liquide de LBA devant un tableau pulmonaire sévère, échantillon de e-liquide dès que possible.

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Vol 33 - N° 1

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