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Envenimations vipérines en France métropolitaine en 2017-2018 : comparaison de deux antivenins Viperfav® et Viperatab® à partir des cas enregistrés par les Centres antipoison - 26/02/21

Doi : 10.1016/j.toxac.2020.10.040 
D. Boels 1, , J.F. Hamel 2, G. Le Roux 3, M. Labadie 4, N. Paret 5, N. Delcourt 6, J. Langrand 7, E. Puskarczyk 8, P. Nisse 9, S. Sinno-Tellier 10, L. de Haro 11
1 Service de pharmacologie-toxicologie, CHU Nantes, France 
2 Représentant de la Recherche Clinique et de l’Innovation, CHU d’Angers, France 
3 Centre antipoison, CHU d’Angers, France 
4 Centre antipoison, CHU de Bordeaux, France 
5 Centre antipoison, CHU de Lyon, France 
6 Centre antipoison, CHU de Toulouse, France 
7 Centre antipoison, CHU de Paris, France 
8 Centre antipoison, CHU de Nancy, France 
9 Centre antipoison, CHU de Lille, France 
10 Anses, Maisons-Alfort, France 
11 Centre antipoison, CHU de Marseille, France 

Auteur correspondant.

Riassunto

Objectif

Aujourd’hui, l’immunothérapie par fragments Fab ou F (ab ‘) 2 est considérée comme le traitement de référence pour les envenimations vipérines [2, 1]. Nous avons comparé l’efficacité de deux antivenins, Viperfav®(VF®) et Viperatab® (VT®), en France métropolitaine en 2017-2018 à partir des données du réseau des centres antipoison français.

Méthode

Les patients présentant une envenimation modérée (grade 2a et 2b) ou sévère (grade 3) après morsure de vipère et traités par antivenin ont été inclus. Les critères de jugement choisis étaient le risque d’exacerbation de l’envenimation après antivenin, la durée de séjour à l’hôpital et la présence d’une gêne fonctionnelle persistante à J15. Les études statistiques étaient basées sur l’analyse de données multivariées.

Résultats

297 cas ont été inclus. 182 (61,3 %) patients ont reçu VF® et 115 (38,7 %) ont reçu VT®. Comparée à VF®, l’utilisation de VT® a significativement augmenté le risque d’exacerbation de l’envenimation après antivenin (VF 1 % vs VT 11 % ; OR=12,1 ; IC 95 % [3,1 ; 46,7] ; p<0,001). Aucune différence significative entre ces antivenins n’a été enregistrée en ce qui concerne la durée du séjour à l’hôpital (< ou>48h) et la gêne fonctionnelle persistante à J15. VF® et VT® ont une sécurité d’emploi similaire (p>0,21). Par ailleurs, la durée d’hospitalisation a été significativement augmentée lorsque l’antivenin était administré au-delà de 12heures (OR=2,70 ; IC 95 % [1,45–5,06] ; p=0,002) ou lors d’une administration préventive d’HBPM, (OR=6,6 ; IC 95 % [1,6–27,1] ; p=0,02). Par ailleurs, les patients recevant la perfusion d’immunothérapie du grade 2b présentaient des symptômes exacerbés significativement plus fréquents (OR* 4,0 ; IC 95 % [1,2–13,7] ; p=0,028) après l’administration d’antivenin par rapport au groupe de grade 2a.

Discussion

Bien que VF® et VT® aient tous deux une très bonne sécurité d’emploi, cette étude montre que VT® était associé à un risque plus élevé d’exacerbation de l’envenimation après antivenin par rapport à VF®. En outre, cette étude confirme que l’antivenin doit être administré le plus précocement possible et confirme la contre-indication des HBPM en préventif.

Conclusions

Alors qu’aucune différence significative entre ces antivenins n’a été enregistrée en ce qui concerne la durée du séjour à l’hôpital et la gêne fonctionnelle persistante à J15, l’utilisation de VT®, par rapport à VF®, a augmenté de manière significative le risque d’exacerbation de l’envenimation après antivenin (OR* 12,1 ; IC 95 % [3,1 ; 46,7] ; p<0,001). VF® est le traitement de choix pour la prise en charge des morsures de serpent en France métropolitaine. Cette étude doit conduire à renforcer les recommandations de bonnes pratiques thérapeutiques.

Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.

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