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Évaluation des pratiques professionnelles : prise en charge du sevrage alcoolique - 15/12/22

Doi : 10.1016/j.phacli.2022.10.524 
L. Fabre 1, , M. Megne-Wabo 2, D. Gueylard Chenevier 3
1 Pharmacie, Hôpitaux de Grand Cognac, Châteaubernard 
2 Pharmacie à usage intérieur, CHU Bordeaux, Bordeaux 
3 Pharmacie, C.H. Intercommunal du Pays de Cognac, Cognac 

Auteur correspondant.

Riassunto

Contexte

La consommation excessive d’alcool est la seconde cause de décès en France, avec 41 000 décès par an. Dans notre établissement, plusieurs patients sont admis dans le cadre d’un sevrage alcoolique.

Objectifs

L’objectif de ce travail est d’évaluer la prise en charge de ce sevrage au regard des recommandations de la société française d’alcoologie.

Patients et méthodes

Un audit clinique ciblé rétrospectif sur une période de 6 mois (janvier à juin 2021) a été réalisé à partir des dossiers des patients (DP) admis pour sevrage alcoolique, à l’aide d’une grille de recueil. Les principaux indicateurs analysés étaient : la prescription de benzodiazépines (BZD) et des vitamines B1et B6, l’hydratation, la prise en charge psychosociale. La conformité de ces derniers vis-à-vis des recommandations a été évaluée.

Résultats

Dix-sept patients de 3 services ont été inclus (13 hommes, 4 femmes), âgés en moyenne de 60 ans [51–79 ans], 53 % (n=9) sont tabagiques, 47 % (n=8) ont des troubles psychiatriques. La moitié environ (n=9) était traitée par BZD avant l’hospitalisation.

Une BZD est prescrite chez 100 % (n=17) des patients : oxazépam chez 70,6 % (n=12) et diazépam chez 41,18 % (n=7). Parmi les prescriptions d’oxazeéam, une décroissance est retrouvée chez 33,3 % (n=4) des patients, dans 75 % des cas pendant moins de 7jours [2–27jours]. Pour le diazépam, la décroissance est retrouvée chez 71,4 % (n=5) des patients ; dans 2 cas sur 5 pendant moins de 7jours [3–11jours]. Dans 59 % des cas (n=10), il y a une prescription supplémentaire de BZD en si besoin pour 7jours [2–21jours]. L’arrêt des BZD est réalisé pendant l’hospitalisation dans 23,5 % (n=4) et programmé à la sortie dans 23,1 % (n=3) des cas, avec une décroissance dans une seule prescription. La mesure du score de Cushman est tracée comme réalisée dans 0,06 % des cas (n=1). Les vitamines B1 et B6 sont toujours prescrites et arrêtées dans 23,5 % des ordonnances de sortie. La vitamine B1 est prescrite à 500mg/j dans 47,1% (n=8). Une hydratation par voie IV est prescrite dans 88 % des cas (n=15).

Des prises en charge psychologiques et addictologiques sont faites chez 17,6 % (n= et 29,4 % (n=5) respectivement.

Discussion/conclusion

Cette analyse a montré des écarts avec les recommandations nationales et une grande hétérogénéité de nos pratiques. Si une BZD est bien toujours prescrite, l’arrêt des BZD et la décroissance de posologie ne sont pas suffisamment réalisés ou programmés et le score de Cushman (recommandé pour la surveillance du sevrage alcoolique) n’est pas utilisé. Les vitamines sont souvent poursuivies à la sortie d’hospitalisation malgré le protocole hospitalier créé pour 21jours et leur toxicité au long cours. Leur posologie n’est pas suffisamment respectée. L’hydratation per os au détriment de l’IV n’est pas privilégiée augmentant le risque infectieux. La prise en charge psychosociale reste insuffisante.

Il est nécessaire de rédiger un protocole de prise en charge globale en lien avec la filière addictologie de notre territoire et de faciliter le respect des bonnes pratiques de prescription par la réalisation d’un protocole ad hoc sur notre logiciel de prescription.

Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.

Mots clés : Troubles liés à l’alcool, Alcoolisme, Sevrage


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