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Échanges corporels de xénobiotiques, risque de contamination et impact sur l’interprétation des résultats d’analyses toxicologiques - 29/04/23

Doi : 10.1016/j.toxac.2023.03.019 
Pascal Kintz 1, 2,
1 X-Pertise Consulting, Mittelhausbergen, France 
2 Institut de médecine légale, Strasbourg, France 

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Riassunto

Objectifs

L’évolution du Code mondial antidopage, en particulier vis-à-vis des substances récréatives, la pénalisation de la détention de produits classés comme dopants et la demande sans cesse croissante d’avocats spécialisés dans le sport ont conduit à un glissement marqué vers la médecine légale lors d’une contestation d’un résultat anormal obtenu au décours d’un contrôle antidopage. Parmi les situations les plus critiques, le transfert d’une molécule d’un sujet vers un autre, lors de pratiques amoureuses, est de plus en plus mis en avant par les avocats des sportifs. Il m’a paru important d’apporter une base pharmaco-toxicologique à ce type de transfert depuis la salive, la sueur, le sperme et les secrétions vaginales et d’évaluer les possibilités scientifiques pour expliquer une contamination de ce type.

Méthode

Les cas traités par le cabinet depuis 2009 impliquant un potentiel transfert d’agent classé comme dopant ont servi de base pour documenter cette pratique. En complément, une recherche bibliographique exhaustive sur MedLine, Science Direct et Web of science a été réalisée en utilisant les mots clés suivants : « drug transfer, saliva, seminal fluid, kiss, sex, athlete exposome ».

Résultats

La littérature scientifique est très pauvre sur le sujet, moins d’une demi-douzaine d’articles se contentent d’évoquer un possible transfert lors d’une activité intime. On entre alors dans un domaine riche de spéculation, tant les études contrôlées manquent et sont très difficiles à mettre en place. Dans tous les cas, le sportif reste responsable de l’ensemble des éléments consommés, alimentation y-comprise et de ses activités. Lors d’une contestation argumentée, l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ou l’Agence mondiale antidopage (AMA) mettent ensuite en perspectives les explications avancées par les sportifs et leurs experts pour évaluer leur cohérence et, en général, les rejeter. Cependant, depuis le jugement final de l’affaire Richard Gasquet (contamination par de la cocaïne lors d’un baiser – CAS 2009/A/1930), toutes les explications sont, au départ, acceptables, dès lors qu’elles sont supportées par des publications et travaux scientifiques.

Dans les derniers mois, la contamination par transfert lors de moments intimes (baisers, relation sexuelle) a été avancée par plusieurs athlètes de niveau mondial avec des succès avérés, impliquant des athlètes des 2 sexes de très haut niveau international et olympique. Le concept de l’acceptation d’une contamination par les autorités sportives est long et fastidieux. Il requiert une parfaite démonstration pharmacologique (qui peut être parfois laborieuse) et des analyses de cheveux, bien souvent mises en défaut par l’AMA (Kintz, J Anal Toxicol 2021;45:e3–e5).

Conclusion

Même s’il est parfois compliqué d’établir des bases scientifiques dans ce type d’affaires, le succès devant les fédérations internationales ou le Tribunal arbitral du Sport à Lausanne (Suisse) passe par l’identification formelle de la source (le/la partenaire), la consommation par ce partenaire de l’agent dopant (confirmée par une analyse de cheveux) et la démonstration de l’absence de consommation à dose pharmacologiquement active de l’agent dopant par le sportif (confirmée par une analyse de cheveux).

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