Le loflazépate d’éthyle, analyse et interprétation : revue de la littérature - 07/05/15
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Riassunto |
Objectif |
Le loflazépate d’éthyle est une 1,4 benzodiazépine commercialisée en France depuis 1982 pour ses propriétés anxiolytiques. Cette molécule aussi peu décrite que prescrite peut cependant être impliquée dans des affaires médicolégales. Sa rapide dégradation in vivo et in vitro nécessite une bonne connaissance de son processus de dégradation/métabolisation pour mettre en évidence un usage de cette molécule et pour interpréter les concentrations mesurées. Une revue de la littérature est proposée afin de mieux aborder cette molécule lors de son analyse et de l’interprétation de ces concentrations.
Méthode |
Une recherche sur PubMed a été réalisée avec le mot clé « ethyl loflazepate ».
Résultats |
La recherche sur PubMed a donné 42 résultats. Dix-neuf articles analytiques, pharmacocinétiques et traitant de l’interprétation des concentrations ont été sélectionnés. Le loflazépate d’éthyle n’est quasiment jamais détecté dans le sang. Après administration orale, il se transforme rapidement par effet de premier passage digestif et hépatique en loflazépate (métabolite M1), qui se décarboxyle en décarboxyloflazepate (métabolite M2). La transformation de M1 en M2 est aussi due à des phénomènes de dégradations chimiques spontanées favorisées en milieu acide. La fraction libre circulante est faible, environ 1 %. Chez l’homme, 63 % de la dose ingérée de loflazépate d’éthyle sont éliminés dans les urines principalement sous forme M1. Les différentes techniques d’analyses proposées dans la littérature utilisent ces dégradations chimiques afin de quantifier le M2 ou la somme M1+M2 par les méthodes chromatographiques telles que LC-DAD, LC-MS/MS, GC-MS et GC-ECD. Les métabolites M1 et M2 sont actifs et possèdent des demi-vies longues, de l’ordre de 120heures. Les concentrations maximales de la somme M1+M2 retrouvées après l’administration orale d’une dose unique de 2mg se situent entre 30 et 55ng/mL après environ 3heures (1,5–6heures). La concentration plasmatique de M1+M2 après un mois de traitement à raison de 2mg/jour est de l’ordre de 216 à 325ng/mL. À travers une étude rétrospective, une dose dangereuse nécessitant une prise en charge médicale a été proposée chez l’enfant : 0,78–0,90mg/kg. Le métabolite actif M2 possède 4 fois plus d’affinité pour les récepteurs des benzodiazépines que le diazépam. Les travaux sur l’effet dépresseur du système nerveux central du loflazépate d’éthyle montrent que seul à haute dose (6mg) des effets de somnolence et de modification de la ventilation sont observés.
Conclusion |
La mise en évidence d’une consommation de loflazépate nécessite la recherche de la molécule mère mais surtout de ces deux produits de transformation (M1 et M2). L’interprétation des concentrations se fait essentiellement sur les concentrations en M2 après transformation du loflazépate d’éthyle et de son métabolite M1 par dégradation chimique en milieu acide. Les concentrations rapportées dans le cadre d’un usage thérapeutique dans la littérature sont généralement inférieures à 500ng/mL. Aucun décès et aucun effet toxique n’a été rapporté ce qui est très probablement plus à rapprocher de sa faible prescription que d’une toxicité moindre par rapport à d’autres benzodiazépines.
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Vol 27 - N° 2S
P. S56-S57 - giugno 2015 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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