Neuropathie périphérique et maladie de basedow : rôle du benzylhiouracile ? - 10/09/15
Résumé |
Introduction |
Les anti-thyroïdiens de synthèse (ATS) peuvent être pourvoyeurs de vascularite systémique à ANCA (anticorps anti-cytoplasme des polynucléaires neutrophiles) avec des manifestations cutanées, neurologiques, pulmonaires ou rénales semblables aux vascularites primitives. Une neuropathie périphérique isolée pourrait en être une présentation atypique.
Observation |
Nous rapportons le cas d’un homme de 62ans hospitalisé en mars 2015 pour prise en charge d’une maladie de basedow avec atteinte ophtalmique à type d’exophtalmie gauche+paralysie de la troisième paire crânienne gauche. L’examen neurologique était normal. En dehors de l’hyperthyroïdie périphérique et la présence d’anticorps anti-TSH, aucune autre anomalie n’était notée. Le patient a été traité par benzylthiouracile (BZU), B-bloquants et prednisone à la dose de 60mg/j pour son atteinte ophtalmologique. À j14 de traitement, le patient a présenté des fourmillements des membres inférieurs (MI) suivis d’un déficit moteur progressif de la flexion dorsale du pied gauche. Le testing musculaire notait un déficit du jambier antérieur coté à 2 avec une atteinte neurogène des deux MI à l’électromyogramme. Une vascularite à ANCA a été suspectée et le BZU a été arrêté pendant une semaine avec légère amélioration de la symptomatologie déficitaire. Mais la recherche d’ANCA était négative ce qui a motivé la reprise du BZU avec aggravation du déficit à gauche et apparition d’un déficit à droite. À noter, qu’aucune autre anomalie clinique ou biologique n’était observée.
Discussion |
La chronologie de la neuropathie est en faveur de l’imputabilité des BZU. La corticothérapie pourrait expliquer l’absence d’ANCA.
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Vol 76 - N° 4
P. 452 - septembre 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

