Un cas d’hématidrose traité avec succès par du propranolol et une solution topique à base de sels d’aluminium - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
L’hématidrose est une pathologie rare qui se manifeste par des écoulements sanguins spontanés à travers une peau intacte. La physiopathologie est mal connue. Les filles semblent être les plus touchées, avec un âge médian de 13 ans. Bien que le nombre de cas rapportés soit en augmentation ces dernières années, l’hématidrose reste un phénomène rare et intrigant, de prise en charge toujours non standardisée.
Observation |
Une fille de 10 ans, libanaise, présentait depuis 6 mois des épisodes récidivants de secrétions cutanées sanguines spontanées au visage et au corps. Les épisodes avaient lieu essentiellement durant la journée et semblaient favorisés par le stress émotionnel. Aucun symptôme local ou systémique ne précédait les saignements. Il n’y avait pas d’antécédent personnel ou familial de trouble de la coagulation. La patiente ne rapportait aucun traumatisme avant le début des symptômes, mais décrivait des difficultés scolaires récentes du fait de sa condition. Deux épisodes de saignement ont eu lieu durant la consultation, en présence de trois dermatologues et du père de la patiente. La peau était normale aux sites de saignement, permettant d’écarter le diagnostic de pathomimie. Un examen clinique de base était sans anomalies, ainsi qu’un bilan sanguin complet. L’examen microscopique des secrétions retrouvait les constituants du sang périphérique. Une biopsie cutanée montrait une spongiose focale modérée avec extravasation minime d’hématies. Un traitement par propranolol 10mg par jour était alors débuté, en association avec une solution topique à base de sels d’aluminium à visée antiperspirante. À un mois de traitement, la patiente notait déjà une amélioration et 18 mois plus tard, ses symptômes étaient toujours en rémission complète.
Discussion |
Plus de la moitié des cas rapportés d’hématidrose proviennent d’Asie, ce qui est compatible avec les origines moyen-orientales de notre patiente. Une prédisposition génétique et un contexte socioculturel particulier pourraient expliquer cette distribution. Bien que la face soit le plus fréquemment atteint (40 % des cas), la paume des mains était le site le plus touché chez notre patiente. La biopsie cutanée était peu contributive, comme dans la grande majorité des cas d’hématidrose. Aucun facteur déclenchant psychologique, traumatique ou physique n’a pu être retrouvé. Le propranolol, agent systémique le plus utilisé dans le traitement de l’hématidrose, a permis une amélioration rapide et significative des symptômes à la dose de 10mg par jour, en association avec un produit local à base de sels d’aluminium, modalité thérapeutique jamais rapportée auparavant.
Conclusion |
Le cas que nous rapportons soulève une fois de plus l’hypothèse d’une origine multifactorielle et complexe de l’hématidrose. Nous y décrivons une nouvelle association thérapeutique qui a permis la rémission complète des symptômes sans effets secondaires notables.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hématidrose, Propranolol, Sels d’aluminium
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A339 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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