Conséquences professionnelles des cervicalgies communes chez les fonctionnaires hospitaliers - 27/11/21
, M. Brahem, M. Hassayoun, R. Sarraj, H. Hachfi, M. YounesRésumé |
Introduction |
La cervicalgie commune est l’une des pathologies rhumatologiques les plus fréquentes. Ses répercussions en milieu de travail sont importantes. Notre étude a pour objectif d’évaluer son impact socioprofessionnel chez le personnel hospitalier.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude transversale portant sur les professionnels de la santé exerçant dans un centre hospitalo-universitaire ayant une cervicalgie commune.
Résultats |
La population d’étude comprenait 83 fonctionnaires avec un âge moyen de 37 ans±10,4 [23–57]. Ils étaient répartis en 41 hommes (49,4 %) et 42 femmes (50,6 %). La majorité (92,8 %) avaient un diplôme universitaire. Il y avait 47 infirmiers (56,6 %), 26 médecins (31,3 %), des secrétaires médicales (7,3 %) et le reste des techniciens (4,8 %). Cinquante-sept fonctionnaires soit 68,7 % étaient des titulaires et 31,3 % contractuels. Des antécédents de cervicalgie chronique étaient rapportés chez 55,4 % des cas et aucun n’avait des ATCD de chirurgie de l’étage cervical. La durée moyenne d’évolution de la cervicalgie était de 4 mois [1–15]. Une irradiation radiculaire au niveau du membre supérieur était notée dans 43 % des cas. La moyenne de l’EVA douleur était de 3,8±1,36 [1–8]. La majorité (81,9 %) rapportaient la notion de facteur déclenchant : position soutenue (47 %), rotation brusque de la tête (19,3 %), traumatisme (8,4 %) et port de charge lourde (7,2 %). Environ la moitié (50,6 %) avait une activité de loisir et 30,1 % pratiquaient une activité sportive de façon le plus souvent irrégulière. Les postures liées au travail étaient variées chez 63,8 % des cas, station debout prolongée (21,6 %), station assise (8,4 %) et penchée en avant (6 %). La moitié (50,6 %) avaient un rythme de travail mixte (jour et nuit) et le reste travaillait soit le jour (42,2 %) soit la nuit (7,2 %) avec un horaire fixe. La plupart (62 %) n’était pas satisfait au travail. La cause de l’insatisfaction était la monotonie au travail et l’absence de plaisir (63,4 %), le stress physique et mental dans 21,6 % et le défaut de communication (15,4 %). Un retentissement professionnel lié à la cervicalgie a été noté chez 86,7 % des cas : 51,3 % rapportaient une diminution des performances, 28,9 % avaient des ATCD d’arrêt du travail, 3,6 % ont dû changer leur poste de travail et 2,4 % ont eu un reclassement professionnel. Quarante-six patients (55,3 %) avaient une incapacité fonctionnelle modérée à sévère évaluée par l’INDIC et des troubles anxiodépressifs selon le HAD dans respectivement 22,9 % et 12 %. Des associations significatives ont été démontrées : entre la posture liée au travail et l’incapacité fonctionnelle (p=0,012), entre le degré de satisfaction au travail et le score de dépression (p=0,01) ainsi qu’entre le statut professionnel et l’anxiété (p=0,008).
Conclusion |
Notre étude montre bien l’impact négatif des cervicalgies commues sur la vie professionnelle des fonctionnaires de la santé nécessitant la prise des mesures préventives de cette affection.
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Vol 88 - N° S1
P. A168-A169 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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