Évaluation et évolution de la densité minérale osseuse sous immunothérapie - 18/12/22
, P. Lemordant 3, G. Bouzille 3, C. Ricordel 4, A. Dupuy 5, P. Guggenbuhl 1Résumé |
Introduction |
L’immunothérapie est l’une des armes thérapeutiques développée récemment qui a révolutionné le pronostic en oncologie avec deux voies principales d’inhibition principale : la voie CTLA4 et la voie PD1-PDL1. L’efficacité de ces traitements est souvent associée à une toxicité immunitaire et la survenue d’effets secondaires parfois graves liés à l’immunothérapie (IRAE). Peu d’études se sont intéressées à un potentiel effet osseux des immunothérapies. L’objectif de cette étude était d’évaluer le statut osseux des patients sous immunothérapie.
Patients et méthodes |
Nous avons mené une étude descriptive rétrospective monocentrique au CHU de Rennes, incluant tous les patients majeurs traités par ICI et ayant bénéficié d’au moins un scanner thoracique ou abdominal durant le suivi de la pathologie oncologique. Les données démographiques et cliniques (facteurs de risque d’ostéoporose, suivi de la pathologie oncologique, traitements reçus et en cours) et biologiques (bilan phosphocalcique, 25OH vitamine D, parathormone, bilan martial) de chaque patient ont été recueillies. La mesure de densité minérale osseuse (DMO) a été évaluée sur deux vertèbres, par la mesure en unités Hounsfield (UH) d’une région d’intérêt (ROI) dans l’os trabéculaire. Une valeur initiale de 160 UH ou moins à la première vertèbre lombaire (L1) et de 147 UH ou moins à la septième vertèbre thoracique (T7) (respectivement sensibilité de 90 % et spécificité de 52 % et sensibilité de 93 % et spécificité de 97 % dans les études de Pickhardt et al. (2013) et Romme et al. (2012)) a été utilisée pour le diagnostic de l’ostéoporose. La présence de fractures vertébrales a été évaluée.
Résultats |
Entre janvier 2014 et décembre 2022, 87 patients (56,3 % d’hommes) ont été inclus. L’âge moyen à l’inclusion était de 60,1±11,2 ans. Les principaux cancers étaient le cancer du poumon (66,7 %), le cancer de la peau (mélanome ou non-mélanome) (21 %). Soixante-dix-sept patients (88,5 %) étaient au stade métastatique. Concernant le traitement par ICI, 50 patients (57,5 %) étaient traités par nivolumab (anti-PD1) et 32 patients (36,8 %) par pembrolizumab (anti-PD1), contre seulement 1 patient (1,1 %) par ipilimumab (anti-CTLA4). Seulement 2 patients ont bénéficié d’une évaluation par absorptiomètre biphotonique à rayons X en cours de suivi et seulement 14 patients ont eu un dosage de la vitamine D. Avant de commencer l’ICI, la densité minérale osseuse moyenne était de 153,9±49,1 UH au niveau L1 (n=52) et de 172,6±61,8 UH au niveau T7 (n=51). Vingt-cinq patients (48,1 %) avaient une DMO £ 160 UH au niveau L1, tandis que 23 patients (46 %) avaient une DMO £ 147 UH au niveau T7 et donc classés comme ostéoporotiques. La DMO était stable sans variation significative sous traitement après un suivi de 16,3±14,1 mois. La variation de la DMO aux niveaux L1 et T7 entre l’inclusion et le dernier scanner était positivement corrélée à l’utilisation de pembrolizumab (rho=0,294, p<0,05 et rho=0,257, p<0,05, respectivement), mais pas au nivolumab.
Conclusion |
Cette étude est la première évaluation à grande échelle de la santé osseuse sous ICI, utilisant une mesure opportuniste de la DMO sur des scanners réalisés au cours du suivi oncologique. La moitié des patients traités par ICI à l’inclusion dans l’étude était ostéoporotique sans suivi de la qualité osseuse, malgré des facteurs de risque importants de perte osseuse et de fracture. Concernant les ICI, cette étude pourrait suggérer un impact du pembrolizumab sur l’évolution de la densité minérale osseuse.
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Vol 89 - N° S1
P. A84-A85 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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