Injection de corticostéroïdes avec ou sans injection d’acide hyaluronique dans le traitement de l’arthrose trapézo-métacarpienne : résultats de l’étude RHIZART multicentrique, randomisée, contrôlée, en double insu - 18/12/22
, A. Denis 2, C. Leské 3, S. Varin 1, J. Dimet 4, L. Planche 5, B. Le Goff 6Résumé |
Introduction |
La rhizarthrose touche 10 à 25 % des personnes, surtout les femmes. Les modalités de traitement consistent en des mesures non pharmacologiques et pharmacologiques, dont des injections de corticostéroïdes ou d’acide hyaluronique (AH). Ces deux types d’injections semblent être efficaces, avec des profils de réponse différents, les corticostéroïdes ayant une action rapide alors que l’AH donne une action retardée mais soutenue dans le temps. Bien que réalisée en routine, il existe des controverses sur l’intérêt de leur association en une seule injection sur la douleur et la fonction à court et long terme. Notre hypothèse était que l’association stéroïdes et AH serait supérieure aux stéroïdes seuls sur les douleurs de l’arthrose TMC.
Le but de cette étude était de comparer l’effet sur la douleur à 3 mois d’injections de corticoïdes réalisées avec ou sans HA chez des patients atteints d’arthrose TMC.
Patients et méthodes |
Il s’agissait d’une étude multicentrique prospective, contrôlée, avec placebo, en double aveugle et randomisée. Nous avons inclus des patients présentant une douleur à la base du pouce (confirmée par radiographie) résistante à un traitement médical avec une douleur moyenne EVA≥4 à l’activité depuis plus de 3 mois. Les patients ont été traités par injection intra-articulaire échoguidée de stéroïdes (0,5mL de bétaméthasone) suivie d’un placebo (0,5mL de sérum stérile) ou de stéroïdes (0,5mL de bétaméthasone) suivie d’AH (0,5mL de Sinovial mini®). Les évaluateurs et les patients étaient en aveugle du bras de traitement. Le résultat principal était la douleur EVA à l’activité 3 mois après l’injection. Les résultats secondaires étaient l’évolution de la douleur au repos et pendant les activités, l’évolution de l’échelle fonctionnelle et les forces de préhension et d’opposition à 1, 6 et 12 mois.
Résultats |
Nous avons inclus 150 patients, d’âge moyen 62 ans, 123 femmes (83 %). L’IMC médian était de 26,9. L’injection a pu être réalisée chez tous les patients, partiellement chez 16 % d’entre eux. Nous avons notifié des effets secondaires, peu fréquents (3 dans le groupe AH, 7 dans le groupe placebo) avec un impact mineur. Notre objectif principal a été atteint puisque la douleur EVA à l’activité a diminué significativement plus dans le groupe AH+stéroïdes que dans le groupe stéroïdes à 3 mois, avec une diminution dans le groupe HA (−26,5 [95 %CI=−32,9 ; −20,1] plus importante que dans le groupe placebo (−16,6 [95 %CI=−22,9 ; −10,3]), p=0,023.
La différence était déjà significative à M1 mais sans différence ensuite à M6 et M12. Le changement par rapport à M0 de la douleur à l’activité était de −31,2 [95 %CI=−37,7 ; −24,9], −14,6 [95 %CI=−20,8 ; −8,4] ; −11,3 [95 %CI=−17,6 ; −4,9] dans le groupe HA+stéroïde et −23,7 [95 %CI=−29,9 ; −17,5] ; −14,8 [−21,2 ; −8,5] ; −11,5 [−17,7 ; −5,3] à M1, M6 et M12. Nous n’avons pas trouvé de différences significatives dans la fonction. Concernant les forces, il n’y avait pas de différence entre les 2 groupes. La nécessité d’une nouvelle injection était plus élevée dans le groupe stéroïde : 15 contre 9 ; sans différence significative. Seuls 5 patients ont subi une intervention chirurgicale après un an de suivi (3 et 2 patients respectivement).
Conclusion |
Notre étude montre que l’injection d’AH et de corticoïdes entraîne une amélioration significative de la douleur à l’activité par rapport à l’injection de corticoïdes seuls à 3 mois, l’effet étant significatif dès le premier mois. Au vu de ces résultats, l’injection intra-articulaire d’AH et de stéroïdes pourrait être recommandée dans le traitement de l’arthrose TMC.
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Vol 89 - N° S1
P. A93-A94 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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