Détection et quantification du méthylphénidate et de l’acide ritalinique dans les matrices kératinisées - 29/04/23
Résumé |
Objectifs |
L’objectif est de présenter une méthode ainsi que des résultats concernant le méthylphénidate et son métabolite principal, l’acide ritalinique, dans les matrices kératinisées de différents sujets. À ce jour, la littérature ne rapporte que très peu de données concernant l’analyse capillaire et aucune pour les ongles.
Méthode |
La méthode développée est illustrée par deux cas. Le premier cas est celui d’une jeune fille qui se serait donné la mort par mutilation et administration d’une dose toxique de méthylphénidate. Il avait été retrouvé à côté du corps de la jeune femme plusieurs boîtes de Ritaline®. Le second cas est celui d’un homme pour lequel le prélèvement capillaire n’était pas possible pour des raisons religieuses. Des ongles ont alors été prélevés afin de mettre en évidence une possible consommation de méthylphénidate. Les cheveux (20mg, par segment de 3cm, finement coupés) et les ongles (20mg, broyés) ont été incubés dans 1mL de méthanol en présence de 20ng de méthylphénidate-D10, d’abord aux ultrasons pendant deux heures, puis une nuit à 40°C. La méthode analytique utilisée permet l’identification du méthylphénidate et de son métabolite acide par UHPLC-MS/MS. Les transitions utilisées sont m/z : 234,1>84,1 (quantification) et 234,1>174,1 (confirmation) pour le méthylphénidate, m/z : 220,1>84,1 (quantification) et 220,1>220,1 (confirmation) pour l’acide ritalinique, et m/z : 244,1>93,1 pour le méthylphénidate-D10. La méthode est linéaire entre 0,5 et 1000pg/mg pour les deux molécules avec une limite de quantification à 0,5pg/mg.
Résultats |
L’analyse des cheveux de la jeune femme (cas no 1) a permis la mise en évidence de méthylphénidate et d’acide ritalinique dans chacun des six segments de 3cm. Les concentrations en méthylphénidate ont varié entre 455pg/mg et 946pg/mg. Les concentrations en acide ritalinique ont varié entre 80 et 172pg/mg, ce qui est superposable avec les rares données de la littérature. Des ratios acide ritalinique/méthylphénidate déjà décrit dans la littérature (Rygaard et al. Forensic Science International 2019,294 :183–188) variant entre 0,18 et 0,52 concordent avec nos ratios variant entre 0,18 et 0,22. Dans le sang de la jeune femme, il a été mesuré 1,7mg/L de méthylphénidate et 30,2mg/L d’acide ritalinique, ce qui correspond à des concentrations toxiques pouvant entraîner des hallucinations et une arythmie cardiaque. Les ongles de l’homme (cas no 2) ont révélé la présence de méthylphénidate à 4,7pg/mg et d’acide ritalinique à 0,9pg/mg, suggérant une consommation répétée de Ritaline®, puisqu’une exposition unique ne génère qu’un très faible signal chromatographique (Kintz P. et al. Forensic Toxicol 2010,28:115–118). Ces résultats ne permettent pas d’établir une dose et une fréquence de consommation compte tenu d’absence de donnée dans la littérature. Le méthylphénidate, commercialisé sous le nom de Ritaline®, est indiqué dans le traitement des Troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). La molécule agit par inhibition de la recapture de la dopamine et de la noradrénaline au niveau pré-synaptique. Les conditions de prescription et de délivrance des médicaments contenant du méthylphénidate sont très fortement contrôlées, car celui-ci est catégorisé comme stupéfiant.
Conclusion |
La méthode développée a permis de mettre en évidence la présence de méthylphénidate et d’acide ritalinique dans les différentes matrices kératinisées. Dans le premier cas, cela a permis de déceler une consommation répétée de méthylphénidate par la jeune femme. Dans le second cas, l’analyse des ongles a permis de pallier l’analyse capillaire alors que celle-ci n’était pas possible.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 35 - N° 2S
P. S35-S36 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

