Facteurs de risque associés aux évènements thromboemboliques veineux dans la polyarthrite rhumatoïde en pratique clinique - 30/11/23
Résumé |
Introduction |
Les facteurs associés au risque thromboembolique veineux ont été peu étudiés dans la polyarthrite rhumatoïde (PR). L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs de risque, classiques ou liés à la maladie, d’évènement thromboembolique veineux (MTEV) chez les patients atteints de PR en pratique clinique.
Patients et méthodes |
Étude observationnelle rétrospective monocentrique réalisée sur tous les patients atteints de PR, selon les critères de classification ACR/EULAR 2010, étant passés en hospitalisation de jour sur l’année 2021. Nous avons utilisé le dossier médical informatisé pour identifier la survenue de MTEV en 2021 et recueillir les caractéristiques de la PR et les facteurs de risque de MTEV. Une analyse multivariée par régression logistique a été réalisée pour déterminer les facteurs indépendamment associés à la MTEV.
Résultats |
Nous avons inclus 405 PR (330 femmes, 81 %), avec un âge moyen de 59±14 ans et une durée moyenne de la maladie de 16±13 ans. Un facteur rhumatoïde positif et des anticorps anti-CCP positifs ont été détectés chez 331 (82 %) et 347 (86 %) patients respectivement. 252 patients (62 %) présentaient une maladie érosive. Le DAS28 moyen était de 3,5±1,4 et le taux moyen de CRP de 6,7±14,5mg/L ; 196 patients (48 %) recevaient des corticoïdes (dose moyenne de 2,6±3,3mg/j), 247 (61 %) du méthotrexate et 219 (54 %) des DMARD biologiques ou synthétiques ciblés (b/tsDMARD), dont 72 sous anti-TNF-α, 70 sous rituximab et 39 sous inhibiteurs de JAK (JAKi). Nous avons identifié 15 (4 %) MTEV survenus en 2021, dont 11 TVP et 8 EP (incidence de 3,7 pour 100 patients-année). Parmi ces 15 patients, 11 étaient des femmes (73 %, vs. 82 % chez les patients sans MTEV), avec un âge moyen de 65±12 ans (vs. 59±14, p=0,11). L’âge>65 ans était plus fréquent chez les patients avec MTEV (60 % vs. 33 %, p=0,030) ; 4 (27 %) patients avec MTEV avaient des antécédents de MTEV (vs. 3 %, p<0,001), 9 (60 %) avaient été hospitalisés dans les 3 mois précédant l’événement (vs. 6 %, p<0,001), 5 (33 %) avaient subi une intervention chirurgicale dans les 6 mois précédant l’événement (vs. 2 %, p<0,001) et 4 (33 %) avaient des antécédents de fractures (vs. 3 %, p<0,001). Aucune différence n’a été observée concernant l’IMC, le tabagisme, les cancers, les voyages récents (< 3 mois) et les traitements œstrogéniques ou antidépresseurs. À propos des caractéristiques de la PR, les patients atteints de MTEV étaient plus susceptibles de présenter des manifestations extra-articulaires (67 % vs. 35 %, p=0,011) et des taux de CRP plus élevés (18±35mg/L vs. 6,3±13mg/L, p=0,007). Ils avaient également reçu plus fréquemment des corticoïdes (73 % vs. 47 %, p=0,048) et des JAKi (27 % vs. 9 %, p=0,021). La durée de la maladie, le statut des auto-anticorps, la fréquence des érosions, le DAS28 et le traitement par méthotrexate ou bDMARD ne différaient pas entre ces deux groupes. L’analyse de régression logistique a permis d’identifier les facteurs de risque suivants, indépendamment associés à la survenue d’une MTEV : un antécédent de MTEV, une hospitalisation dans les 3 mois précédant l’évènement, une intervention chirurgicale dans les 6 mois et un traitement par JAKi.
Conclusion |
Les antécédents de MTEV ont été identifiés comme le facteur de risque le plus important pour la survenue d’une MTEV. Nos résultats suggèrent une mise en garde spécifique sur l’hospitalisation et la chirurgie récentes en tant qu’événements précipitant la MTEV. Comme le recommande le PRAC, les JAKi doivent être utilisés avec prudence chez les patients présentant des facteurs de risque de MTEV.
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Vol 90 - N° S1
P. A130-A131 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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