Dépistage opportuniste scanographique de fragilité osseuse chez des patients transplantés rénaux : étude rétrospective monocentrique avec suivi à un an - 30/11/23
, G. Carvajal Alegria 1, H. Longuet 2, L. Bouilleau 3, D. Chu Miow Lin 1Résumé |
Introduction |
Les patients transplantés rénaux sont quatre fois plus à risque de fractures que la population générale en particulier au niveau vertébral [1]. Malgré ce risque fracturaire important, ces patients ont rarement un dépistage par ostéodensitométrie (DMO) [2]. La DMO ayant des limites chez les transplantés rénaux, l’utilisation d’un outil d’évaluation du risque osseux plus adapté et facilement disponible serait à privilégier. L’évaluation de la densité osseuse par le coefficient d’atténuation (CAS) est un outil validé. Notre objectif était d’utiliser la mesure du CAS au rachis pour évaluer la prévalence de patients ayant une densité osseuse basse au scanner réalisé en pré-transplantation.
Patients et méthodes |
Nous avons réalisé une étude descriptive, monocentrique rétrospective avec un suivi d’un an qui a inclus les patients transplantés rénaux en 2021 au CHRU de Tours. Parmi eux ont été inclus les patients majeurs ayant eu un scanner (TDM) thoracique ou abdominal avant la transplantation, effectué à 120 kilovolts avec ou sans injection de produit de contraste. Le coefficient d’atténuation en L1 (CAS-L1), ou densité osseuse, a été mesuré au corps vertébral de L1 sur une coupe axiale en traçant manuellement une région d’intérêt (ROI) de 160mm. La concordance intra- et inter-observateurs a été étudiée par le calcul du coefficient de corrélation de Pearson et par la méthode de Bland et Altman. La recherche de fractures vertébrales (FV) a été effectuée en pré-transplantation sur une coupe sagittale. Elle a aussi été effectuée à 1 an post-transplantation lorsqu’une imagerie était disponible. La présence de calcifications vertébrales a aussi été recueillie. Le seuil de densité osseuse basse a été défini à 100 unités Hounsfield (UH). Les caractéristiques des patients ont été comparées selon leur CAS-L1 (≤100 UH vs>100 UH) et selon la présence ou non de FV.
Résultats |
Parmi les 91 patients inclus (58 % d’hommes, âge moyen 58,9 ans), 9 (10 %) avaient un antécédent de transplantation rénale (TR), 82 (90 %) un facteur de risque de fragilité osseuse, 6 (7 %) avaient une FV pré-TR et 27 (30 %) avaient un CAS-L1 ≤ 100 UH. La moyenne des CAS-L1 était de 135 UH. Parmi les 27 patients avec une densité basse, 3 (11 %) avaient une FV en pré-TR. Sur les 77 patients avec une imagerie post-TR, réalisée en moyenne 8 mois après la transplantation, 2 (3 %) avaient une FV post-TR. La concordance intra- et inter-observateur de la mesure de CAS-L1 était excellente (0,9821 et 0,9826 respectivement). Les patients avec un CAS-L1 ≥ 100 UH étaient significativement plus âgés (p=0,007). Le CAS-L1 était significativement plus bas en présence de FV pré- et/ou post-TR : 90 UH en moyenne dans le groupe avec FV contre 136 UH dans le groupe sans FV (p=0,047). La présence de calcifications artérielles a été retrouvée sur 69 % des TDM pré-TR. Seuls 12 % des patients n’avaient plus de corticoïdes à 1 an de la transplantation.
Conclusion |
Un tiers des patients transplantés rénaux présente un CAS-L1 bas ≤ 100 UH en pré-TR mesuré par scanner. La densité osseuse basse semble être associée au risque de fractures vertébrales pré- et post-TR. L’analyse opportuniste du scanner thoracique ou abdominal réalisé lors du bilan pré-TR, apparaît être une bonne stratégie pour un dépistage facile et reproductible des patients à risque de fractures vertébrales.
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Vol 90 - N° S1
P. A97 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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