Évaluation de la dysfonction du diaphragme - 21/01/26
: Praticien hospitalier, C. Delplancke b : Chef de clinique, assistant des hôpitaux, P. Desforges b : Chef de clinique, assistant des hôpitaux, K. Guessous c : Médecin anesthésiste-réanimateur, J. Castillo d : Praticien hospitalier, T. Groseil e : Praticien hospitalier, B. Cholley b : Professeur des Universités, praticien hospitalierRésumé |
La dysfonction du diaphragme (DD) peut être définie comme l'incapacité du diaphragme à développer, seul ou en association avec les muscles respiratoires accessoires, un travail suffisant permettant de générer les régimes de pression nécessaires à la genèse et au maintien de la capacité vitale et de la ventilation alvéolaire. Cette définition physiopathologique peut être associée à une définition plus fonctionnelle, définissant la DD comme une baisse des performances du diaphragme en lien avec une altération de sa mécanique responsable de modifications de la ventilation, et ce, quelles que soient les conséquences ventilatoires observées. Elle est considérée actuellement par certains auteurs comme une véritable « dysfonction d'organe » à part entière. La DD est rencontrée dans de nombreuses situations cliniques : en unités de soins intensifs, en période périopératoire en lien avec les techniques anesthésiques ou chirurgicales, au cours d'affections respiratoires chroniques ou de maladies systémiques et en médecine d'urgence au cours d'affections aiguës variées, allant de l'exacerbation d'une bronchopneumopathie obstructive chronique aux pathologies neuromusculaires ou cardiaques décompensées. De plus en plus d'études tendent à montrer le rôle de cette dysfonction dans la survenue de complications respiratoires, infectieuses, ainsi que dans l'augmentation des durées de ventilation mécanique, invasive ou non, et les difficultés de sevrage ventilatoire. Aussi, l'allongement des durées de séjour hospitalier s'accompagne d'une majoration des coûts qui lui sont associés. Ces constatations sont à l'origine d'un intérêt grandissant des praticiens et des scientifiques pour la mécanique diaphragmatique et ses conséquences. L'évaluation de la fonction diaphragmatique et la détection d'une éventuelle dysfonction sont probablement un enjeu majeur des années à venir. Si le gold standard de l'évaluation de la fonction diaphragmatique est toujours représenté par la mesure des pressions transdiaphragmatiques, cette technique invasive est réservée à quelques patients de réanimation ou aux travaux expérimentaux. D'autres techniques de choix sont disponibles, comme l'imagerie par résonance magnétique 3D dynamique, apportant des informations précises sur la mécanique du diaphragme, mais leur utilisation est aujourd'hui limitée par leur difficulté de mise en œ uvre. Depuis une vingtaine d'années à présent, on observe un intérêt croissant des praticiens pour l'utilisation de l'outil échographique dans l'évaluation du diaphragme. Cette technique présente de nombreux avantages : son caractère non invasif, sa reproductibilité, son accès facile en routine au lit des patients et son moindre coût. Ainsi, de nombreuses techniques échographiques d'évaluation de la fonction diaphragmatique se sont développées, au rang desquelles on trouve l'échographie bidimensionnelle, la mesure de la fraction d'épaississement et de l'excursion diaphragmatique et, plus récemment, le Doppler tissulaire, la shear-wave elastography et le speckle tracking . À la lumière de ces nouvelles techniques d'évaluation de la fonction diaphragmatique, il semble que l'échographie tend à devenir un outil de choix pour l'évaluation de celle-ci.
Mots-clés : Diaphragme, Dysfonction diaphragmatique, Échographie, Ultrasonographie, Pneumologie, Urgences, Anesthésie, Réanimation, Ventilation mécanique, Sevrage ventilatoire, Prévention, Évaluation
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