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Journal Français d'Ophtalmologie
Volume 35, n° 9
pages 690-694 (novembre 2012)
Doi : 10.1016/j.jfo.2012.05.002
Received : 30 June 2010 ;  accepted : 24 May 2012
Étude comparative prospective : cône aprismatique jetable/cône biprismatique, à propos de 100 mesures de la PIO
A comparative study of a disposable non-prismatic cone versus the biprismatic cone over 100 IOP measurements
 

Y. Lehtihet , O. Ouhadj, L. Djidi, M. Mekki
Centre médico-chirurgical d’ophtalmologie, 28, rue Ben-Merdja-Mahmoud, Saoula, 16095 Alger, Algérie 

Auteur correspondant.
Résumé
Introduction

En 2009, nous avons mis au point un cône aprismatique, dans les normes, destiné au tonomètre de Goldmann. Nous avons entrepris une étude comparative prospective cône aprismatique versus cône classique biprismatique.

Matériels et méthodes

Le cône aprismatique jetable, en plexiglas, possède à son extrémité plane, côté interne, le dessin d’un cercle en relief de 3,06mm de diamètre. Le recrutement des patients s’est fait au niveau des courbes de pressions intraoculaires diurnes et chez les patients tout venant y compris des glaucomateux sous traitement médical. Deux opérateurs ont testé cliniquement le cône aprismatique, chacun sa série d’yeux, 50 mesures par opérateur, soit un total de 100 mesures de la pression intraoculaire (PIO).

Résultats

Pour le premier opérateur, la moyenne des mesures de la PIO au cône aprismatique, est de 17,92mmHg pour une série de PIO variant de 13 à 26mmHg ; la moyenne des mesures de la PIO au cône biprismatique, est de 17,40mmHg ; la différence des moyennes de mesures de la PIO est de 0,52mmHg ; le coefficient de corrélation est de 0,98. Pour le second opérateur avec une série de PIO allant de 10 à 19mmHg, des résultats similaires ont été trouvés.

Discussion

Les cônes jetables, y compris le cône aprismatique, s’adaptant sur le tonomètre de Goldmann, détrônent les autres solutions prophylactiques infectieuses, tels les procédés chimiques et les préservatifs.

Conclusion

La fiabilité tonométrique du cône aprismatique jetable, adaptable sur le tonomètre de Goldmann, est démontrée par cette étude. D’autres fonctions propres au cône aprismatique sont évoquées à la fin de cette étude.

The full text of this article is available in PDF format.
Summary
Introduction

In 2009, we developed a non-prismatic cone in accordance with Goldmann tonometer standards. We undertook a prospective comparative clinical study of the non-prismatic cone versus the traditional biprismatic cone.

Materials and methods

The disposable non-prismatic Plexiglas cone contains, on the inner side of its applanating end, a raised circular pattern 3.06mm in diameter. Patient recruitment was performed in the setting of diurnal intraocular pressure (IOP) measurement for all comers including medically treated glaucoma patients. Two operators clinically tested the non-prismatic cone, with each operator measuring his or her own series of 50 eyes, for a total of 100 IOP measurements.

Results

For the first operator, the mean IOP measurement with the non-prismatic cone was 17.92mmHg, range 13 to 26mmHg; the mean IOP measurement with the biprismatic cone was 17.40mmHg; the difference between mean IOP measurements was 0.52mmHg, with a correlation coefficient of 0.98. For the second operator, with a series ranging from 10 to 19mmHg, similar results were observed.

Discussion

Disposable cones, including the non-prismatic cone, adapted for the Goldmann tonometer are superior to other strategies for infection prophylaxis, such as chemical disinfection or condoms.

Conclusion

This study demonstrates the reliability of the disposable non-prismatic cone adapted for the Goldmann tonometer. Other features unique to the non-prismatic cone are evoked at the end of this paper.

The full text of this article is available in PDF format.

Mots clés : Cône jetable, Tonomètre de Goldmann

Keywords : Non-prismatic, Biprismatic, Disposable cone, Goldmann tonometer


Introduction

En 2009, nous avons mis au point un cône aprismatique jetable, dans les normes, destiné au tonomètre de Goldmann. Nous nous sommes penchés sur une étude clinique prospective comparant les résultats pressionnels donnés par ce nouveau cône par rapport au cône biprismatique classique. Enfin, nous évoquerons brièvement quelques fonctions dévolues à ce cône aprismatique jetable.

Matériel et méthode

Nous avons utilisé deux variétés de cônes : le cône aprismatique jetable, breveté et le cône biprismatique classique qui ont équipé le tonomètre de Goldmann [1, 2] dans cette étude portant sur 100 mesures de la pression intraoculaire (PIO). Le recrutement s’est adressé aux courbes diurnes de la PIO et aux patients tout venant, y compris les patients glaucomateux sous traitement.

Description du nouveau cône aprismatique jetable 2009

Il s’agit d’un élément creux en polymethyl methacrylate (PMMA), transparent avec ou sans teinte bleue, d’un poids de 1,7g avec une partie cylindrique, une partie tronconique, une grande collerette intermédiaire permettant une répartition de la matière du cône, plus proche de la bague du tonomètre (Figure 1). Enfin, la partie plane du cône, représentée par une véritable lame à faces parallèles de 5,5mm de diamètre externe, est dotée d’un cercle, en relief, de 3,06mm de diamètre, mesuré aux rayons infrarouges et situé du côté interne de l’extrémité plane du cône.



Figure 1


Figure 1. 

Cône aprismatique jetable monté sur le tonomètre de Goldmann.

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Manipulation

C’est la manipulation classique du tonomètre de Goldmann à savoir l’utilisation de l’oxybuprocaïne en collyre à 0,40 % et d’une bandelette de fluorescéine. Les précautions d’usages sont de mise, comme : étalonner le tonomètre de Goldmann, conseiller une respiration ordinaire, une fixation au loin, desserrer le col de la chemise… La pachymètrie centrocornéenne est intéressante pour corriger la PIO [3]. Notons que dans cette étude comparative entre les deux variétés de cônes, la pachymètrie cornéenne n’a pas de valeur. En effet, pour un œil examiné la pachymètrie cornéenne est la même pour les deux variétés de cônes. Le correctif de la PIO va être le même pour les deux variétés de cônes.

Lors de la prise de la PIO avec le cône aprismatique, la force d’aplanation est augmentée jusqu’à ce que la limite de la zone aplanie cornéenne fluorescente coïncide avec le cercle de 3,06mm de diamètre figurant dans le nouveau cône ; la lecture de la PIO en mmHg se fera au niveau de l’échelle tonométrique du tonomètre de Goldmann (Figure 2). Notons que deux opérateurs ont testé ce cône aprismatique, chacun sa série d’yeux. Pour le premier opérateur, la mesure de la PIO s’est faite d’abord avec le cône aprismatique jetable. Puis 2 mn après, la mesure de la PIO s’est faite avec le cône biprismatique. Il y a eu 50 mesures pour chaque variété de cônes. Tandis que pour le second opérateur, la mesure de la PIO s’est faite d’abord avec le cône biprismatique, puis 2 mn après, la mesure de la PIO s’est faite avec le nouveau cône aprismatique jetable. Il y a eu une inversion de l’ordre de passage de la variété de cônes pour le second opérateur. Il y a eu 50 mesures pour chaque variété de cône pour le second opérateur.



Figure 2


Figure 2. 

Images données par le cône aprismatique, monté sur le tonomètre de Goldmann lors de la prise de la PIO (A) contact du sommet de la cornée avec la petite extrémité plane externe du cône (B) augmentation de la force d’aplanissement, limite de la zone fluorescente à l’intérieur du cercle de 3,06mm en relief du cône (C) limite fluorescente de la zone aplanie se superposant avec le cercle de 3,06mm en relief du cône.

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Dans cette étude comparative, afin d’apprécier les résultats, nous avons adopté la méthode statistique des séries appariées, procédé au calcul de la moyenne des mesures de la PIO pour chaque variété de cônes, calculé la différence des moyennes des mesures de la PIO, d’une variété de cône par rapport à l’autre. Puis nous avons enfin déduit le coefficient de corrélation.

Résultats

Pour le premier opérateur, la moyenne des mesures de la PIO au tonomètre de Goldmann équipé du nouveau cône aprismatique jetable, est de 17,92mmHg grâce à 50 mesures sur une série pressionnelle oculaire allant de 13 à 26mmHg. La moyenne des mesures de la PIO au tonomètre de Goldmann équipé de son cône biprismatique, est de 17,40mmHg grâce à 50 mesures. La différence des moyennes des mesures de la PIO (cône aprismatique jetable/cône biprismatique) est de 0,52mmHg. Le coefficient de corrélation est de 0,98 (Figure 3). Pour le second opérateur, la moyenne des mesures de la PIO au tonomètre de Goldmann équipé du cône biprismatique, est de 13,8mmHg grâce à 50 mesures sur une série pressionnelle oculaire allant de 10 à 19mmHg. La moyenne des mesures de la PIO au tonomètre de Goldmann équipé du nouveau cône aprismatique jetable, est de 14,22mmHg grâce à 50 mesures. La différence des moyennes des mesures de la PIO (cône biprismatique/cône aprismatique jetable) est de 0,42mmHg. Le coefficient de corrélation est de 0,97 (Figure 4).



Figure 3


Figure 3. 

Graphe des résultats pressionnels étudiés par le premier opérateur.

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Figure 4


Figure 4. 

Graphe des résultats pressionnels étudiés par le second opérateur.

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Discussion

La petite valeur de 5,5mm du diamètre externe de la petite extrémité plane du cône aprismatique, comparativement à celle de 7mm du cône biprismatique, facilite la mesure de la PIO en cas de fente palpébrale diminuée ou en cas de pusillanimité. Le cône aprismatique est à même de visualiser toute la zone cornéenne aplanie fluorescente de 7,35 mm2 d’un seul tenant permettant ainsi l’étude de cette surface cornéenne. Par ailleurs le cône aprismatique est « monolithique » ce qui simplifie sa fabrication. La teinte bleue est une des options de ce cône aprismatique. Celle-ci dispensera l’ophtalmologiste de faire appel au filtre bleu de la lampe à fente puisque la lumière blanche habituelle du biomicroscope éclairant le cône teinté fournira la lumière voulue. Tels sont les aspects propres au cône aprismatique qui le différencient des autres cônes jetables. Il est à signaler que des micro-organismes tels ceux de l’herpès, les adénovirus épidémiques, celui de du VIH et les agents tels les prions… peuvent être présents dans les larmes [4]. Pour le tonomètre de Goldmann, les cônes jetables représentent la solution idéale en matière de prophylaxie infectieuse De ce fait, ces cônes jetables rendent caduques les autres procédés prophylactiques connus, réputés imparfaits, telle la désinfection chimique ou les préservatifs… Le nombre croissant de variétés de cônes jetables destinés au tonomètre de Goldmann (Figure 5 et Tableau 1) incluant le nôtre, vient si besoin est, souligner l’intérêt de cette étude. Notons au passage, que les protocoles de désinfection chimique, à défaut de cônes jetables, sont mal respectés par beaucoup d’ophtalmologues, même de nos jours. Par ailleurs, dans la littérature, nous avons trouvé une étude tonométrique comparative prospective cône jetable prismatique par rapport au cône conventionnel, sur 200 yeux, qui souligne une reproductibilité et une fiabilité différente. Il fut retrouvé une sous-estimation significative de 2mmHg, non expliquée. Cette sous-estimation pressionnelle peut aller de 0 à 5mmHg [5]. Comment expliquer cette sous-estimation de la PIO ? Est-ce un poids différent du cône jetable prismatique par rapport au biprismatique classique ? Non ! Les deux cônes ont un poids identique de 1,7g chacun. Est-ce une répartition inadéquate de la matière plastique au niveau du cône jetable prismatique ? Peut-être ! Car ce cône étudié est creux avec une masse formée par deux prismes projetés en avant du cône. Est-ce l’intervention du bras de levier de la tige du tonomètre et d’une force d’aplanation non comptabilisée au niveau du tonomètre ? Le débat reste ouvert. En fait dans une étude, pour interpréter les résultats statistiques comparatifs de la PIO pour deux variétés de cônes, il y a lieu de tenir compte de la précision du tonomètre de Goldmann lors de l’étalonnage de ce dernier. Sandhu et al. [6] remettent en cause la précision du tonomètre de Goldmann. Après vérification de l’étalonnage des tonomètres de Goldmann, sur plusieurs mois par des opérateurs indépendants, il a été conclu que si pour le fabricant du tonomètre de Goldmann la précision est±0,5mmHg, la précision à l’étalonnage retrouvée par ces auteurs est inférieure à ±2,5mmHg. Cette fourche de précision est considérée comme acceptable. Par ailleurs, ces auteurs estiment que si on trouve une précision à l’étalonnage supérieure à ±2,5mmHg, on doit considérer cela comme inacceptable et l’appareil doit être retourné au constructeur. Enfin, le dernier volet de cette discussion sera réservé aux autres fonctions du cône aprismatique qui ne seront qu’évoquées et qui sont, d’une part, la mesure des PIO minimale et maximale au cas où la limite de la zone aplanie est pulsatile, et d’autre part, l’étude de l’aspect bio-microscopique du film lacrymal et de l’épithélium cornéen en fluorescence à travers la petite extrémité plane du cône grâce à un test de contre pression sur la cornée. Cela permettrait une appréciation de la fragilité de l’épithélium de la cornée grâce à une imagerie de la cornée modérément ou exagérément aplanie en fluorescence à décoder et à codifier. Nous pouvons noter un aspect macro-lobulaire ou micro-lobulaire, une fluorescence plus ou moins accentuée, selon les cas (Figure 6).



Figure 5


Figure 5. 

Variétés de cônes jetables. DHGT : Disposable Head for the GOLDMANN Tonometer.

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Figure 6


Figure 6. 

Imagerie de la cornée aplanie par le cône aprismatique monté sur le tonomètre de Goldmann.

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Conclusion

Ce nouveau cône aprismatique jetable, à l’instar des autres cônes jetables, à usage unique, contribue à résoudre le problème de la prophylaxie des maladies transmises par les micro-organismes, via le cône du tonomètre de Goldmann. La fiabilité du cône aprismatique jetable, pour la mesure de la PIO au tonomètre de Goldmann, est démontrée par l’étude comparative prospective de ce dernier avec le cône biprismatique sur 100 mesures de la PIO. Nous tenterons ultérieurement l’étude détaillée d’autres fonctions prometteuses citées, propres à ce nouveau cône aprismatique jetable.

Déclaration d’intérêts

L’un des auteurs a un intérêt financier avec le cône aprismatique testé.


 Communication orale présentée lors du 116e congrès de la Société française d’ophtalmologie en mai 2010.

Références

Goldmann M.H. Un nouveau tonomètre à aplanation Bull Soc Fr Ophtalmol 1954 ;  67 : 474
Saraux H., Biais B. La tonométrie par aplanation. Précis d’ophtalmologie  Paris: Masson (1969). 189–193.
Whitacre M.M., Stein R. Sources of error with use of Goldmann-type tonometers Surv Ophthalmol 1993 ;  38 : 1-29 [cross-ref]
Lehoang P., Girard B., Rousselie F. Œil et sida Ophtalmologie 1989 ;  1 : 72-78
Delaunay A.C., Cochard C., Cochener B. Comparaison entre les tonomètres à aplanation Goldmann et jetable J Fr Ophtalmol 2006 ;  29 : 183
Sandhu S.S., Chattopadyay S., Birch M.K., Ray-Chaudhuri N. Frequency of Goldmann tonometer calibration errors checks J Glaucoma 2005 ;  14 : 215-218 [cross-ref]
Lehtihet Y. Adaptation d’un nouveau cône le DHGT-1 au tonomètre de Goldmann Ophtalmologie 1997 ;  11 : 311-313



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