Étude CHAMPITOX, pourquoi et comment ? - 26/02/21
Résumé |
Objectif |
Quelques dizaines d’espèces de champignons supérieurs contiennent des mycotoxines pouvant provoquer des intoxications graves voire mortelles par ingestion. En France, ces expositions représentent en moyenne 1300 cas par an entre 2010 et 2017 [1]. Les principales mycotoxines sont : l’orellanine présente dans la famille des cortinaires, les amanitines présentes dans la famille des amanites, la muscarine présente chez plusieurs familles (Inocibe, Clitocybe,…), l’acide iboténique et le muscimol retrouvés dans les amanites et la gyromitrine présente dans la famille des gyromitres. Les intoxications ne sont quasiment jamais documentées par des analyses toxicologiques. Ceci est lié à un manque de méthodes analytiques disponibles pour les milieux biologiques. Les raisons sont multiples : nombreuses variétés de champignons impliquées, mycotoxines de structure chimiques diverses, devenir dans l’organisme et métabolisme mal ou non connu. Le manque de méthodes analytiques pour l’identification et le dosage de ces mycotoxines, et de leurs métabolites, dans les milieux biologiques constitue donc un frein à la connaissance et à l’interprétation des cas d’intoxications mortelles ou non. Il serait souhaitable de pouvoir disposer idéalement d’une seule technique analytique (approche de criblage) pour identifier et quantifier les principales mycotoxines dans les milieux biologiques de manière à pouvoir documenter les intoxications et disposer de marqueurs. L’étude CHAMPITOX est donc mise en place pour évaluer la robustesse, l’intérêt/pertinence d’une telle méthode analytique et la faisabilité de sa mise en œuvre dans le cadre d’intoxications humaines, par le biais d’échantillons sanguins et/ou urinaires issus de patients chez qui une telle intoxication est avérée ou suspectée.
Méthode |
Il s’agit d’une étude de cohorte prospective, observationnelle, nationale, multicentrique. Sur le plan méthodologique, les centres antipoison et de toxicovigilance constituent le support à cette étude. En effet, lorsqu’un CAP-TV sera contacté par un médecin pour disposer d’informations en lien avec un cas d’intoxication avérée ou suspectée, il informera le médecin qu’une étude est en cours et qu’il peut, s’il le souhaite, et après que la non-opposition du patient ait été recueillie dans son dossier médical, faire parvenir au laboratoire des reliquats des prélèvements sanguins et/ou urinaires pour analyse. Le CAP-TV pourra par ailleurs collecter les informations sur le contexte de l’intoxication suspectée ou avérée. La population cible étant toute personne de plus de 18 ans ayant consommé des champignons et présentant les signes cliniques caractéristiques d’une intoxication en lien avec la consommation des champignons étudiés (cinq syndromes).
Discussion |
Ces résultats vont permettre la validation analytique des techniques d’identification et de quantification des mycotoxines dans les matrices biologiques. Ils permettront également d’évaluer la mise en application de ces techniques analytiques en pratique clinique dans les laboratoires. Ces résultats, s’ils sont favorables, vont (1) offrir aux cliniciens l’élargissement de la gamme de mycotoxines pouvant être appréhendées par des analyses et, en conséquence (2) ouvrir la perspective d’une amélioration de la prise en charge des patients victimes d’intoxication. D’une manière générale, ces résultats vont participer à la consolidation des connaissances clinico-biologiques des mycotoxines.
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Vol 33 - N° 1
P. 18 - mars 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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