Identification et quantification de substances illicites conventionnelles et de nouveaux produits de synthèse (NPS) dans des matrices non biologiques : tendances de 2016 à 2022 - 29/04/23
Résumé |
Objectifs |
Identifier et quantifier les drogues classiques et les NPS dans des matrices non biologiques provenant de la région parisienne entre 2016 et 2022.
Méthode |
Au total, 491 échantillons de produits non biologiques, provenant des services d’addictologie (n=305, 62 %), de réanimation (n=35, 7 %), d’association d’analyse de drogues et de réduction des risques (RdR) (n=54, 11 %), de centres antipoison (n=19, 4 %) ou d’autres services hospitaliers (n=78, 16 %) ont été analysés. Vingt mg de poudre ont été solubilisés dans du méthanol, puis une recherche qualitative a été réalisée en GC/SM, LC-DAD et LC-HRMS. La quantification a été effectuée par LC-MS/MS en mode isocratique sur une colonne Hypersil Gold (50×2,1mm, 3μm) et la détection en mode MRM sur un triple quadrupôle TSQ Access Max (ThermoFisher®).
Résultats |
Au total, 338 patients ont fourni les échantillons étudiés, dont 175 hommes (52 %), avec un âge médian de 30 ans (1–92 ans). Sur les 489 produits analysés, 76 % (n=373) contenaient au moins un stupéfiant, parmi lesquels 253 étaient des stupéfiants classiques et 105 étaient des NPS. Les stupéfiants les plus courants détectés étaient le cannabis (n=127, 34 %), la cocaïne (n=42, 11 %), les opiacés (n=48, 13 %), y compris l’héroïne (n=22, 46 %), les amphétamines (n=37, 10 %), dont la MDMA (n=26, 70 %), sous forme de poudre (n=15, 58 %) et de comprimés (n=11, 42 %). Jusqu’en 2019, la teneur médiane en cocaïne était supérieure à 50 %, mais a diminué à 29 % (6–76 %) en 2020 et est passée à 65 % en 2022 (55–75 %). Depuis 2016, la majorité des échantillons de cocaïne étaient coupés avec 1 à 2 composés, principalement la lévamisole (n=21, 51 %), la phénacétine (n=15, 37 %), la caféine (n=7, 17 %), la lidocaïne (n=4, 10 %), l’hydroxyzine (n=4, 10 %) et le paracétamol (n=3, 7 %). La teneur médiane de la résine de THC a diminué de 41 % (11–50 %) en 2016 à 7 % (0,2–8 %) en 2021, tandis que celle des sommités fleuries est passée de 7 % (1–13 %) en 2016 à 2 % (0,2–4 %) en 2021. La teneur médiane de la poudre de MDMA était élevée jusqu’en 2017 (96 %, 92–100 %), puis a diminué à 30 % (18–56 %) en 2021. Celle des comprimés de MDMA était supérieure à 150mg/comprimé jusqu’en 2018, puis a diminué à 90mg/comprimé (41–132) en 2022. Jusqu’en 2021, la teneur médiane de l’héroïne était ≤ 21 %, puis a augmenté à 47 % (30–51 %) en 2022. L’héroïne contenait jusqu’à 3 produits de coupe, notamment la caféine (n=19, 86 %), le paracétamol (n=16, 73 %) et le dextrométhorphane (n=5, 23 %). En 2016, une faible proportion des produits stupéfiants analysés comportait un NPS (n=1, 4 %). Cette proportion a considérablement augmenté pour atteindre plus de 20 % en 2018, puis entre 38 % et 40 % depuis 2020. La concentration médiane des NPS dans les 105 échantillons étudiés variait de 76 % (4–100 %) en 2017 à 67 % (24–100 %) en 2022. Les cathinones ont été la classe la plus courante, représentant 37 % des échantillons étudiés (n=49), avec une majorité de X-MMC (n=22, 45 %). Les arylcyclohexylamines représentaient 24 % des échantillons (n=32), avec 37 % d’échantillons de kétamine (n=12). Les phenéthylamines représentaient 9 % des échantillons (n=12), avec 42 % d’échantillons de 3-fluorophenmetrazine (n=5). Enfin, les tryptamines représentaient 8 % des échantillons (n=11), avec la 4-HO-MET à hauteur de 27 % (n=3).
Conclusion |
L’analyse de poudres est devenue d’autant plus importante que celles qui circulent peuvent avoir des concentrations très variables d’une poudre à une autre. Ces données, collectées entre 2016 et 2022, contribuent à l’approche de RdR et permet de suivre les tendances concernant l’usage de drogues en Île-de-France, responsable d’accidents aigus involontaires chez les usagers.
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Vol 35 - N° 2S
P. S37 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

