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Identification et quantification de substances illicites conventionnelles et de nouveaux produits de synthèse (NPS) dans des matrices non biologiques : tendances de 2016 à 2022 - 29/04/23

Doi : 10.1016/j.toxac.2023.03.051 
Paméla Dugues 1, , Marie Martin 1, Emuri Abe 1, Yves Edel 2, Jean Claude Alvarez 1, Islam Amine Larabi 1
1 Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, CHU de Raymond-Poincaré, Garches, France 
2 Addictologie, CHU de la Pitié Salpetrière, Paris, France 

Auteur correspondant.

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Résumé

Objectifs

Identifier et quantifier les drogues classiques et les NPS dans des matrices non biologiques provenant de la région parisienne entre 2016 et 2022.

Méthode

Au total, 491 échantillons de produits non biologiques, provenant des services d’addictologie (n=305, 62 %), de réanimation (n=35, 7 %), d’association d’analyse de drogues et de réduction des risques (RdR) (n=54, 11 %), de centres antipoison (n=19, 4 %) ou d’autres services hospitaliers (n=78, 16 %) ont été analysés. Vingt mg de poudre ont été solubilisés dans du méthanol, puis une recherche qualitative a été réalisée en GC/SM, LC-DAD et LC-HRMS. La quantification a été effectuée par LC-MS/MS en mode isocratique sur une colonne Hypersil Gold (50×2,1mm, 3μm) et la détection en mode MRM sur un triple quadrupôle TSQ Access Max (ThermoFisher®).

Résultats

Au total, 338 patients ont fourni les échantillons étudiés, dont 175 hommes (52 %), avec un âge médian de 30 ans (1–92 ans). Sur les 489 produits analysés, 76 % (n=373) contenaient au moins un stupéfiant, parmi lesquels 253 étaient des stupéfiants classiques et 105 étaient des NPS. Les stupéfiants les plus courants détectés étaient le cannabis (n=127, 34 %), la cocaïne (n=42, 11 %), les opiacés (n=48, 13 %), y compris l’héroïne (n=22, 46 %), les amphétamines (n=37, 10 %), dont la MDMA (n=26, 70 %), sous forme de poudre (n=15, 58 %) et de comprimés (n=11, 42 %). Jusqu’en 2019, la teneur médiane en cocaïne était supérieure à 50 %, mais a diminué à 29 % (6–76 %) en 2020 et est passée à 65 % en 2022 (55–75 %). Depuis 2016, la majorité des échantillons de cocaïne étaient coupés avec 1 à 2 composés, principalement la lévamisole (n=21, 51 %), la phénacétine (n=15, 37 %), la caféine (n=7, 17 %), la lidocaïne (n=4, 10 %), l’hydroxyzine (n=4, 10 %) et le paracétamol (n=3, 7 %). La teneur médiane de la résine de THC a diminué de 41 % (11–50 %) en 2016 à 7 % (0,2–8 %) en 2021, tandis que celle des sommités fleuries est passée de 7 % (1–13 %) en 2016 à 2 % (0,2–4 %) en 2021. La teneur médiane de la poudre de MDMA était élevée jusqu’en 2017 (96 %, 92–100 %), puis a diminué à 30 % (18–56 %) en 2021. Celle des comprimés de MDMA était supérieure à 150mg/comprimé jusqu’en 2018, puis a diminué à 90mg/comprimé (41–132) en 2022. Jusqu’en 2021, la teneur médiane de l’héroïne était ≤ 21 %, puis a augmenté à 47 % (30–51 %) en 2022. L’héroïne contenait jusqu’à 3 produits de coupe, notamment la caféine (n=19, 86 %), le paracétamol (n=16, 73 %) et le dextrométhorphane (n=5, 23 %). En 2016, une faible proportion des produits stupéfiants analysés comportait un NPS (n=1, 4 %). Cette proportion a considérablement augmenté pour atteindre plus de 20 % en 2018, puis entre 38 % et 40 % depuis 2020. La concentration médiane des NPS dans les 105 échantillons étudiés variait de 76 % (4–100 %) en 2017 à 67 % (24–100 %) en 2022. Les cathinones ont été la classe la plus courante, représentant 37 % des échantillons étudiés (n=49), avec une majorité de X-MMC (n=22, 45 %). Les arylcyclohexylamines représentaient 24 % des échantillons (n=32), avec 37 % d’échantillons de kétamine (n=12). Les phenéthylamines représentaient 9 % des échantillons (n=12), avec 42 % d’échantillons de 3-fluorophenmetrazine (n=5). Enfin, les tryptamines représentaient 8 % des échantillons (n=11), avec la 4-HO-MET à hauteur de 27 % (n=3).

Conclusion

L’analyse de poudres est devenue d’autant plus importante que celles qui circulent peuvent avoir des concentrations très variables d’une poudre à une autre. Ces données, collectées entre 2016 et 2022, contribuent à l’approche de RdR et permet de suivre les tendances concernant l’usage de drogues en Île-de-France, responsable d’accidents aigus involontaires chez les usagers.

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Vol 35 - N° 2S

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